RamDam.com : votre guide de la musique

Accueil > Artistes > G > Mareva Galanter > Actualité

Entretien avec Mareva Galanter

Montez sur scène avec Suprême NTM !

Lundi 29 janvier 2007

Au commencement était le verbe et... Mareva. Mareva Galanter, la fille d'Haïti, des concours de beauté et du cinéma, splendide personne qui réunit toutes les qualités pour rendre heureux un homme normalement constitué et même les autres: elle paraît sympa, sacrément jolie et n'a pas l'air de rechigner pour être satisfaite d'une soirée mousse aux bains douches. Seulement voilà, Mareva décide un beau jour de reprendre quelques fleurons des années yéyés et de les accompagner de titres underground de l'époque.

Qu'on touche à B.B. passe encore mais Jacqueline Taïeb, j'étais déjà contre. Je pestais sur ma grisaille en lui préparant une chronique qui commencerait par "ma fille, t'es bien gentille mais tu touches au sacré: hors de question !". Elle devait payer. Bon finalement, avant d'attaquer ma chronique, j'ai écouté son Ukuyéyé et comment dire: admirable, étonnant et brillant résumeraient bien la situation. Mareva, vous êtes ma yéyé préférée. Grâce à vous: "e mahana to te 'uri" (je garde la signification pour elle et moi) et je vous remercie pour ces 13 rayons en plein coeur.

RamDam: Vous chantez "si je pouvais séduire quelques journalistes" dans "Pourquoi pas moi". Je tenais tout d'abord à dire que vous en avez au moins convaincu un, c'est à dire moi !
Mareva Galanter: (rires) C'est mignon ! Ca fait plaisir !

RamDam: Alors pourquoi êtes-vous l'une des premières à faire très bien "wo wo wo et yé yé yé yé" ?
M. G.: Parce que je me suis entraînée très dur pour ça ! J'ai travaillé des nuits entières... Comme j'étais pas trop sixties, il fallait qu'entre Tahiti, les années 60 et moi ça le fasse donc j'ai bossé !

RamDam: Mareva est donc une nouvelle fan des sixties ?
M. G.: Oui et non, c'est à dire que les sixties, c'est omniprésent chez tout le monde et depuis longtemps. Pour moi c'est pareil: j'aime les mythes de Françoise Hardy ou de Brigitte Bardot, des chanteuses qui étaient des icônes dans les années 60 sans être pour autant imprégnées et complètement "addicts" de cette époque. Il y avait quelque chose comme ça qui traînait, je l'avoue: un truc qui n'appartenait pas forcément à ma culture mais qui me fascinait quelque part. C'est un ensemble qui était attractif dans ces années: le ton des paroles, la gaieté insouciante, la légèreté, ensuite la qualité des mélodies et ces chanteuses françaises qui étaient très jolies, qui ne cachaient pas leur beauté et qui étaient donc libérées par rapport à tout ça. Quand je m'y suis vraiment intéressée, j'ai découvert des chansons alternatives...

RamDam: J'ai été surpris dès votre premier titre "7 heures du matin" et je vous l'avoue, comme j'adore également cette période, vous la chantez aussi bien que Jacqueline Taïeb !
M. G.: C'est gentil... Quand je suis arrivé à Paris il y a 7 ans, j'étais tombé en arrêt sur une compile où il y avait ce titre. Cette chanson m'avait vraiment mise de bonne humeur, j'aime le rythme. Quand j'ai présenté cette idée d'album, j'y ai aussitôt pensé.

RamDam: On s'imagine qu'il y a beaucoup plus de votre vie que l'on pourrait le croire au début quand on fait un disque de reprises ?
M. G.: Vous êtes bien curieux ! Vous avez bien trouvé de drôles de choses ! (rires). Je me suis servie des années 60 pour me retrouver quelque part. C'était une façon pour moi de m'exprimer réellement à travers les titres des autres.

RamDam: Quelle défense utiliseriez vous si ces artistes que vous reprenez venaient vous chanter "ils ont changé ma chanson" ?
M. G.: J'ai parlé à Stella et à France Gall qui étaient enchantées, donc moi encore plus qu'elles !

RamDam: Et cet ukulélé, vous l'avez maîtrisé pour vous rappeler votre île, ou toute jeune on vous l'a mis dans vos mains ?
M. G.: C'était un rapprochement avec mes origines. J'ai grandi avec ce son qui est vraiment le son de la joie, de la fête, de la gaieté. C'était un défi ou un challenge que de vouloir intégrer cet instrument qui vient de l'autre bout de la terre et qui n'est pas rock ou pop et ça été très bien fait par Sylvain Vanot.

RamDam: Comment fait-on pour convaincre un Sylvain Vanot ou un Albin de la Simone de vous suivre sur ce projet que vous avez porté dès le début ?
M. G.: Tout ce concept était assez improbable et infaisable pour tout le monde. La première personne que j'ai rencontrée, c'est mon réalisateur Jacques Ehrhart qui a fait des albums sublimes pour Chamfort, Camille, Henri Salvador, bref quelqu'un qui a réalisé des albums exceptionnels et je lui ai parlé de mon projet. Il trouvait que c'était tellement surréaliste qu'il a dit oui. C'était pour lui improbable d'allier l'ukulélé et les années 60; ça le faisait beaucoup rire mais j'ai réussi à lui vendre mon truc. A le persuader que c'était super. Et c'est comme ça que ça s'est passé avec les autres. Surexcitée, je leur racontais ce projet, car j'en avais vraiment envie et ils voyaient que j'étais très motivée pour le faire. Du coup, ils m'ont suivi sans savoir où ils allaient. Ils ont dit "on vient, on sait pas ce que ça va donner mais on y va avec toi". Ce qui a fonctionné aussi, c'est que nous n'étions pas dans une machine.

RamDam: Jacno sur 2 titres vient mettre son grain de poivre dans votre album sucré ?
M. G.: Je cherchais un duo mais je voulais une voix d'homme pas très loin de celle de Gainsbourg, une voix qui ait du vécu et j'ai entendu une chanson de Jacno qui s'appelait "l'hymne à la mauvaise foi" et j'ai tout de suite voulu le rencontrer. On lui a fait écouter les maquettes de "Ne dis rien". Il a trouvé que la production était excellente, que ma voix était bonne et le jour où il est venu pour enregistrer le titre, on venait d'enregistrer "Bang-Bang", il a trouvé ça sublime et je lui ai demandé s'il voulait bien m'accompagner aussi sur ce titre.

RamDam: C'était important aussi de mettre une chanson originale comme "Miss Hinano" ?
M. G.: Oui mais d'abord ce n'est pas n'importe laquelle car elle a été écrite pour moi. Elle parle de ma vie de manière imagée, elle résume totalement d'où je viens. Cela annonce peut-être une suite. Même si les autres, j'ai cherché à ce qu'elles me ressemblent à peu près, au moins celle-ci est vraiment pour moi.

RamDam: Cet album est insouciant et en totale contradiction avec l'époque très préoccupée, pensez-vous que les gens ont besoin de s'évader ou son succès est-il simplement dû à la nostalgie ?
M. G.: Je pense que c'est un désir d'évasion. C'est un moment où l'on se fait plaisir. Je ne pense pas que cela soit et je n'ai pas voulu qu'il soit nostalgique. Je n'ai pas vécu cette période, donc ce serait plutôt une fascination et l'envie de la remettre à jour, la revaloriser. Pour que la nouvelle génération puisse découvrir des titres oubliés. Il y a beaucoup de reprises où l'on reprend les paroles et l'on en fait une autre musique mais ici non car les originaux sont déjà super bien.

RamDam: Beaucoup d'artistes de cette époque n'étaient que des interprètes alors que maintenant la mode est aux auteurs-compositeurs ?
M. G.: Moi, cela me plaît d'être interprète, d'être égérie. Ca me plaît de travailler pour les autres et de sublimer le travail des autres. Je ne revendique pas le fait d'être compositeur ou auteur...

RamDam: Quand on regarde le parcours de ces égéries des sixties, elles ont toutes un destin tragique ?
M. G.: C'est peut-être dû au fait qu'il y avait une fascination qui fait qu'elles ont toutes fini avec des rockers pas possibles, elles ont eu des destins très rock n'roll. Après, je ne vais pas aller jusqu'à dire que j'aimerais terminer de la même manière (rires). Pour l'instant, je ne vais pas jusque-là (rires).

RamDam: Vous déclarez souvent que vous avez toujours chanté mais que vous ne savez pas chanter, n'est-ce pas le meilleur moyen pour réussir ce projet ?
M. G.: Si ! Si j'avais considéré que j'étais chanteuse et que j'avais une voix sublime, je n'aurais jamais fait cette album. L'idée originale que j'avais, ce n'était même pas moi qui devait chanter. Je ne vante pas mes qualités de chanteuse, mais en tout cas ça me plaît bien ! Quand on ressent, quand on le fait avec spontanéité, envie et plaisir, il y a des choses dont on fait abstraction car sinon le fait de chanter juste cela m'aurait traumatisé et je ne l'aurais pas fait. Les injustesses de ce disque font partie de moi.

RamDam: La particularité de cette époque, c'était aussi de faire des singles, des 45 tours, un "one shot" en quelque sorte, alors est-ce que votre album est un coup unique ou allez-vous poursuivre l'aventure de la chanson ?
M. G.: J'aimerais bien poursuivre l'aventure. Comment, je ne le sais pas encore mais c'est dans ma tête. En même temps, l'aventure se poursuit déjà car je commence la scène. Ca continue d'être surréaliste. On va chanter en province, à Paris, à Moscou, à Londres. L'étranger a aussi un réel enthousiasme pour cet album.

RamDam: Bon, allez, sans réfléchir, la plus belle pochette de disque des années yéyé ?
M. G.: (Elle réfléchit) Bon, sans réfléchir, ce n'est pas possible (rires). Laissez-moi deux secondes. Je ne sais pas si j'en ai une préférée mais ces pochettes en carton toutes vieillies, ces disques que j'ai trouvés, leur odeur... c'est comme les vieux livres, ce sont de beaux objets. Tous ces disques avec ces photos superkitschs sont belles; il y a des couleurs, un lettrage, un style graphique particulier. Je trouve qu'à l'époque rien n'était laissé au hasard. J'ai essayé de le faire aussi. J'ai voulu tout choisir: quand on veut créer un univers, c'est très important de le faire jusqu'au bout. Mon affiche de concert aussi. Cela fait partie d'un ensemble.

RamDam: Est-ce que ça aide à faire un disque lorsqu'on est jolie ?
M. G.: Je ne suis pas sûre. Ca aide à avoir des jolies photos mais une fois que l'album est fini...

RamDam: Enfin, la rebelle que vous êtes s'est-elle enfin assagie avec cet album ?
M. G.: Je ne pense pas du tout ! Au contraire ! Je crois qu'elle s'est affirmée.

Propos recueillis par Pierre Derensy.

Rechercher un artiste

 

Clips vidéo

clip gratuitVanessa Paradis : Les Piles
clip gratuitM. Pokora : Catch Me If You Can
clip gratuitMagic System : Zouglou Dance
clip gratuitÉtienne Daho : L'invitation
clip gratuitÉtienne Daho : La vie continuera

Tous les clips

Sonneries MP3 - HiFi

Toutes les sonneries


Newsletter

 

Copyright 2008 RamDam.com sprl | Devenez annonceur | RSS | Nous contacter | Faites CTRL+D pour ajouter ce site à vos favoris