Entretien avec Tom Poisson
Montez sur scène avec Suprême NTM !g(17393406)a(999052))
Lundi 12 mars 2007
Après une résidence de création, "à la campagne", Tom Poisson vient présenter ses nouvelles chansons, ses nouvelles trouvailles, alors même que son troisième album est encore en gestation. "Le but pour nous est d'éprouver ces nouveaux titres sur scène, de les confronter au public avant de les enregistrer, pour leur donner plus de force, plus d'épaisseur..." nous a confié le chanteur.
Ses deux premiers albums ont été largement salués par la presse écrite (3 clés Télérama, 4 étoiles dans le Monde de la musique...). Pourtant, ce trentenaire au regard tendre est encore peu connu du grand public. A découvrir donc d'urgence.
RamDam: Tom Poisson, qu'avez-vous fait sur terre ces 31 dernières années ?
Tom Poisson: J'ai joué aux billes, j'ai couru dans l'herbe, j'ai voulu être trapéziste, footballeur puis menuisier, j'ai embrassé une fille sur la bouche en classe de 5ème. Toujours été moyen à l'école. Ensuite, j'ai eu du mal à grandir, mon corps refusait obstinément de devenir pubère. Finalement les poils ont poussé et j'ai commencé à perdre mes cheveux. J'ai arrêté le football, appris à faire la fête. Vers la fin des années de lycée, j'ai pris contact avec cet instrument qu'on appelle la guitare, d'abord pour faire rire les copains. Très vite je me suis pris au jeu en essayant de faire mes propres chansons. J'ai monté des groupes, poursuivi mes études, j'ai été pompiste, stagiaire en marketing, j'ai organisé des évènements musicaux, humanitaires, je suis parti faire le comédien à chevaux et charrettes sur les places de villages. Après des années de musique plus électrique, je suis revenu à mes premières amours: la chanson. La chanson avec des mots qui racontent des choses.
RamDam: Qu'est-ce qui est le plus difficile: écrire, composer ou interpréter ?
T. P.: Ce métier, c'est une façon de me raconter, au public bien sûr, mais aussi à moi-même. J'écris par nécessité, au moment où l'envie de "fabriquer un truc" est la plus forte. Ca n'aurait pas de sens si les mots n'étaient pas les miens. Ca n'aurait pas de sens si ces mots n'avaient pas d'histoire, s'ils n'étaient pas reliés à ma vie. C'est le plus souvent dans la facilité que j'écris et je compose puisque j'attends que l'envie s'impose à moi. La plus grande difficulté, c'est de restituer l'émotion contenue dans l'écriture au moment de chanter, plus encore au moment d'enregistrer; me réapproprier les mots que j'ai écrit, c'est un paradoxe, mais une vraie difficulté. Je pense avoir trouvé quelques clés. J'espère...
RamDam: Avec vos chansons, souhaitez-vous faire passer certains messages ? Si oui, lesquels ? Pensez-vous qu'un chanteur doit forcément avoir des messages à faire passer ?
T. P.: Je ne suis pas de ces artistes qui veulent absolument faire passer des messages. J'aurais trop peur d'être démagogue. C'est plus égoïste. Je souhaite me raconter et par là même me découvrir, me soigner et, je ne peux pas le nier, obtenir une certaine reconnaissance du reste du monde, une part d'amour. On a tous besoin de sa petite dose d'amour... En revanche, je tente, au travers de mes chansons, de mettre en évidence ce qui, à mes yeux, reste le plus important dans nos courtes vies. En cela, mes chansons ont peut-être une dimension humaniste voire politique. A vous de voir...
RamDam: Sur scène, vous jouerez de la guitare, du banjo, de l'ukulélé et vous serez accompagné par trois musiciens. Pouvez-vous nous parler d'eux ?
T. P.: Christophe Doremus: contrebasse, scie musicale; Alexandre Léauthaud: accordéon, piano, ukulélé; Jean François Seiller: batterie, gluckenspiel, choeurs. Ces acolytes sont tout sauf de simples accompagnateurs, ils sont partie intégrante dans le son du groupe. Nous cherchons ensemble les couleurs appropriées aux titres que je leur propose et tentons de travailler dans le plaisir, celui de jouer et de partager.
Propos recueillis par Cactus and Co