Serge Gainsbourg : Biographie

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Serge Gainsbourg

Joseph et Olga Ginsburg, couple russe fuyant la rĂ©volution d’Octobre, dĂ©barquent en France en 1921. Ce sont des gens cultivĂ©s et Ă©pris de musique. InstallĂ©s Ă  Paris, ils ont un premier enfant, Marcel, qui dĂ©cède Ă  16 mois.

En 1927, Jacqueline vient remplacer cet enfant perdu. Puis c’est au tour de Liliane et de Lucien de naĂ®tre ensemble, Ă  Paris, le 2 avril 1928 Ă  5 heures du matin.

Docteur Gainsbarre et Mister Gainsbourg

Seul garçon de la famille, Lucien grandit avec sévérité. Son père joue du piano dans les cabarets et exige de son fils une parfaite éducation scolaire et musicale. Les Ginsburg habitent le 9e arrondissement de Paris, rue Chaptal, un quartier populaire et touristique, vivant et bruyant. Enfant sage, Lucien passe sa scolarité sans problème. On le dit poli et réservé. Il apprend le piano avec son père.

La guerre est lĂ  et les Ginsburg, pourtant naturalisĂ©s français en 1932, doivent se mĂ©fier du rĂ©gime de Vichy. On leur fait porter l’Ă©toile jaune. Ils quittent alors Paris pour Limoges oĂą ils se cachent jusqu’Ă  la fin de la guerre.

Lulu dĂ©couvre la vraie vie Ă  17 ans. La paix, la libertĂ© au milieu d’un Paris envahi par le jazz et les Zazous. Saint-Germain des PrĂ©s est le coeur et l’âme de la capitale. Sartre, Vian, GrĂ©co, Trenet sont les maĂ®tres des nuits parisiennes. Surtout Trenet qui Ă©veille le jeune Lucien au swing et Ă  la dĂ©sinvolture fantaisiste.

En 1946, les Ginsburg dĂ©mĂ©nagent rue Bugeaud. Dans sa chambre, Lucien s’essaie aux Arts. Mais c’est dehors que tout se passe. Il s’inscrit au cours de dessin de l’AcadĂ©mie Montmartre oĂą on repère son doigtĂ©. Il y rencontre Elizabeth, russe comme lui, son premier amour. Un diffĂ©rent avec son père le pousse Ă  quitter le domicile familial pour effectuer son service militaire. « Heureusement », sa santĂ© fragile le dispense de l’Indochine.

En 1953, il Ă©pouse Elizabeth. Leur mariage durera jusqu’en 1957. Son dada, c’est la peinture. Mais personne ne le remarque et il s’acharne dans le vide. VidĂ©, malheureux, il revient Ă  la musique, au piano, et en 1954, il s’inscrit Ă  la Sacem sous le nom de Julien Grix. Mais toujours sans succès. Il a 26 ans.

Il passe son Ă©tĂ© au Touquet, Ă  jouer dans les bars, et Ă  l’automne, fort de cette expĂ©rience et riche de quelques chansons de son cru, il regagne Paris avec un nouveau nom de scène: Serge Gainsbourg.

Le Poinçonneur des Lilas

Pendant près de trois ans, il va perfectionner son art, le peaufiner, crĂ©er son personnage. C’est en 1958 que sort son premier disque qui contient notamment Le Poinçonneur des Lilas, chez Philips, par l’intermĂ©diaire de Jacques Canetti.

Mais si Le Poinçonneur acquiert un certain succès, c’est chantĂ© par Les Frères Jacques ou Philippe Clay. Gainsbourg, lui, ne plaĂ®t guère, dĂ©range. Grâce Ă  Michèle Arnaud, ses chansons se vendent, certes chantĂ©es par d’autres, mais elles se vendent. Juliette GrĂ©co, en 1959 s’attachera aussi Ă  ce curieux personnage. Petit Ă  petit, la notoriĂ©tĂ© l’appelle.

Au cinĂ©ma, il fait une première apparition dans « Voulez-vous danser avec moi ? » de Michel Boisrond, au cĂ´tĂ© de Brigitte Bardot. Par la suite, il jouera dans de nombreux films, dont beaucoup de navets ou pĂ©plums, et il rĂ©alisera la BO de certains d’entre eux.

DĂ©but 1958, il se lie avec Françoise Pancrazzi et s’installe chez elle. Ils se marient en 1964 pour divorcer en 1966. Entre-temps, Natacha naĂ®t de leur union en aoĂ»t 1964, puis, après leurs retrouvailles, Paul, en 1968. Mais leur nouvelle sĂ©paration sera dĂ©finitive.

CĂ´tĂ© carrière, Serge Gainsbourg Ă©crit beaucoup pour les autres: Isabelle Aubret, Juliette GrĂ©co, Petula Clark, Anna Karina, … Mais cela ne l’empĂŞche pas de sortir, Ă  titre personnel, de 1961 Ă  1963, trois albums. Puis deux nouveaux 33 T, dont le remarquable Gainsbourg percussions, mais le public continue de le bouder.

Les Sucettes

C’est en 1964 qu’une jeune fille de 15 ans, France Gall, fait un tabac avec un de ses titres: Les Sucettes. MalgrĂ© le scandale, le couple Gainsbourg-Gall obtient le Grand Prix de l’Eurovision 1965 sous les couleurs du Luxembourg avec PoupĂ©e de cire poupĂ©e de son. C’est enfin le succès, la richesse, Ă  plus de 37 ans !

Il fait chanter Brigitte Bardot et tombe amoureux de « La » femme, alors en pleine gloire, et qui fait tourner la tĂŞte de toute une gĂ©nĂ©ration d’hommes. Ils ont une aventure qui laissera Serge accablĂ©, dĂ©truit. Il lui Ă©crit des chansons pour exprimer son amour: Harley Davidson, Initiales BB, Bonnie and Clyde, et le superbe Je t’aime… moi non plus.

Serge se remet mal de cette rupture. Nous sommes en 1968 et il se retranche dans son pavillon de la rue de Verneuil qu’il vient d’acquĂ©rir. Il refuse un album Ă  Jeanne Moreau et refuse aussi de remplir l’OdĂ©on. Mais il Ă©crit encore et publie Chansons cruelles. Il tourne aussi beaucoup pour le cinĂ©ma.

Jane Birkin

Et c’est sur le tournage de Slogan qu’il rencontre Jane Birkin. Leur rencontre est d’abord houleuse, puis les deux ĂŞtres s’apprivoisent enfin pour ne plus se quitter pendant près de douze ans.

La pĂ©riode Birkin est riche. Elle redonne Ă  Gainsbourg le goĂ»t de la crĂ©ation et de la vie: de 1970 Ă  1990, il composera des centaines de titres, des dizaines d’albums, pour lui ou pour Chamfort, Birkin, Paradis, Deneuve, Adjani, Lazlo, Dutronc, Bashung.

La famille Gainsbourg vit rue de Verneuil avec Kate (la fille de Jane et John Barry) et Charlotte qui naît en juillet 1971. De leur amour naissent aussi de nombreux albums, dont le premier voit le jour en 1973: Di Doo Dah.

En 1975 et 1976 sortent deux albums majeurs:Rock around the Bunker et L’homme Ă  la tĂŞte de chou, et surtout, un premier film en tant que rĂ©alisateur: Je t’aime… moi non plus. Le succès est absent. C’est une pĂ©riode creuse, artistiquement, psychologiquement, affectivement.

Après un voyage à Kingston et un retour aux sources du reggae, il nous revient en 1979 avec un nouvel album et une Marseillaise déjantée. Ses concerts en 1980 le propulsent au sommet. Mais dans un même temps, Jane le quitte.

Love on the Beat

1984. C’est l’Ă©poque de Love on the Beat. Le père Gainsbourg est une institution. MĂ©daillĂ© des Arts et des Lettres et de la LĂ©gion d’Honneur, il profite de sa cĂ©lĂ©britĂ© pour jouer avec son personnage. Il est Gainsbarre, le provocateur saoul Ă  l’Ă©cran, avec insultes et billets de banque brĂ»lĂ©s en direct.

C’est sa santĂ© qu’il brĂ»le aussi par ses excès. Alerte du coeur. Il s’oblige Ă  moins fumer et Ă  moins boire.

Sa compagne Bambou (Pauline Von Paulus) lui donne un fils Lulu en janvier 1986. Les années passent, des albums pleins la tête et des projets qui ne verront pas le jour. Une crise cardiaque le terrasse dans la nuit du 2 au 3 mars 1991 à Paris. Il est enterré au cimetière Montparnasse le 7 mars 1991.

ramdam.com

9 Commentaires

  1. juste pour raconter que ma maman (83 ans) a connu la famille ginsburg Ă  dinard monsieur ginsburg Ă©tait pianiste dans ce casino l’Ă©tĂ© ; mon grand pĂ©re Ă©tait croupier dans ce mĂ©me casino,maman aimerait avoir des nouvelles de sa soeur jacqueline. avant de partir Ă  la plage lucien essuyait la vaisselle,maman en parle toujours comme quelqu’un de gentil ,timide.un grand monsieur.

    nirdau, 2 ans (que ce commentaire existe) Répondre

    • Cher Nirdau, je suis journaliste dans la rĂ©gion de St-Malo. Et je prĂ©pare un sujet sur la jeunesse de Lucien Ginsbourg Ă  Dinard. A ce titre, j’aimerai pouvoir m’entretenir avec vous. Pouvez-vous me contacter au 06/61/70/58/98. Merci & Ă  très bientĂ´t

      Samuel, 2 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  2. Sublime, gĂ©nial, provocateur, timide, tellement contrastĂ©, quelle personnalitĂ©, quel talent. Serge Gainsbourg en partant a laissĂ© un grand vide dans la chanson. De « la Javanaise » aux « Enfants de la chance », j’aimais tout chez lui….de ses premières apparitions, guindĂ©, mal Ă  l’aise, jusqu’Ă  ses provocations qui m’ont toujours amusĂ©es. Loin du star system, du clinquant, Ă©pris d’art, cultivĂ©….voilĂ  ce qu’il m’inspire. Respect Monsieur Gainsbourg, affectation sacrĂ© Gainsbarre !

    ISORA, 2 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  3. Bonsoir ! je recherche une chanson de Serge Gainsbourg, je me souviens seulement du clip, il y avait des enfants qui « fumaient », vous souvenez-vous ? Merci pour votre aide.

    Angel, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  4. J’ai un vinyl de Gainsbourg, le premier, du chant Ă  la une, j’aimerais le vendre. Il y a un mot et une signature sur la couverture. s’il y a des personne intĂ©ressĂ©e… mon mail erwannc@orange.fr je vous enverrai la photo, merci

    erwann, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  5. En Amour, il y en a toujours un qui souffre et l’autre qui s’ennuie L’homme crĂ©a Dieu, l’inverse reste Ă  prouver Ma quequette sort, etc, etcaetera Et plus encore… Le masque tombe, l’homme reste… Gainsbourg, l’inĂ©puisable source entre existentialisme et mal de vivre… EspĂ©rons que le film soit bon, j’en doute.

    Larsouille858, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  6. Serge Gainsbourg, l’un des rares Ă  avoir baisĂ© sa laideur en beautĂ©…

    Rimbaudelaire, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  7. C’est toujours avec une grande Ă©motion que l’on redĂ©couvre des sĂ©quences d’Ă©missions avec Serge… Et après toutes ces annĂ©es, on se rend compte du vide qu’il a laissĂ©. Quel talent, quelle sensibilitĂ©, quel sens de la rĂ©partie ! Tu nous manques, Serge.

    MisterMoo, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  8. Le plus grand, le plus talentueux de tous les temps… qui est-ce? Serge Gainsbourg, bien sur!!! Jamais je ne me lasserai de toi, Ă  quand le musĂ©e Gainsbourg???

    Marilou, 4 ans (que ce commentaire existe) Répondre


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