Artificial Stupidity

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Artificial StupidityArtificial Stupidity

O.D.

Album CD – 2005 – Basement

O.D. sont en rĂ©alitĂ© les initiales dĂ©signant les prĂ©noms de ses deux membres, Olivier Furter et David Rosane. Artificial Stupidity est le premier jet -bien mĂ»ri- d’une collaboration remontant dĂ©jĂ  Ă  1999.

Entre le songwriter amĂ©ricain (David Rosane) et l’amateur suisse d’Ă©lectronique (Olivier Furter) s’est tissĂ©e une complicitĂ© qui permet Ă  leurs deux lourdes expĂ©riences de se mĂŞler avec subtilitĂ© entre les lignes sonores de l’album, sans perdre pourtant de cette lĂ©gèretĂ© permettant une Ă©coute « facile ». Le rĂ©sultat n’en est pas moins un disque Ă  coup sĂ»r bien rĂ©flĂ©chi. Un coup d’oeil aux textes de Rosane (un plus incontestable de l’album) permet de s’en rendre rapidement compte. Et c’est Ă  l’Ă©coute que l’originalitĂ© du projet lui permet de revĂŞtir le terme d’ »artistique »: il s’agit bien lĂ  de la projection d’un monde propre Ă  ses deux auteurs, projection qui ne peut ressembler Ă  rien d’autre puisque deux personnes ne sont jamais les mĂŞmes.

Mais en dehors de ces considĂ©rations, ne croyez pas qu’il y ait lĂ  matière Ă  l’ennui ! Car les deux larrons sont certainement conscients qu’un album, aussi recherchĂ© soit-il, est toujours destinĂ© Ă … l’Ă©coute (et l’Ă©coute du plus grand nombre est encore mieux). Ainsi, sans trahir leurs intentions premières, O.D. arrivent Ă  produire un album très cohĂ©rent tout en Ă©tant hĂ©tĂ©rogène: on passe du folk presque « pur et dur » (In Time, oĂą on peut Ă  juste titre parler de timbre vocal Ă  la Johnny Cash), Ă  une plage disco-funk (Disco Mamma) en passant par de l’Ă©lectro atmosphĂ©rique (Cornflake ou, dans une moindre mesure, Yellow).

Ce qui est très intĂ©ressant avec cette formation, c’est que les multiples influences de ses pères, s’entrelaçant concrètement dans l’album Ă  travers le mix guitare acoustique et chant aux relents d’Ă©thanol / claviers et sons Ă©lectroniques, donnent lieu Ă  une vĂ©ritable avalanche d’analogies dans les diffĂ©rents mĂ©dias qui s’y sont frottĂ©s. On parle ainsi de rĂ©fĂ©rences Ă©videntes Ă  Lou Reed et le Velvet Underground, Massive Attack, Lambchop, Johnny Cash, Radiohead, Moby, Nick Cave, The Fall… J’ajouterais, sur certains titres, des accents semblables Ă  ceux de Jim Morrison au sein des Doors (Yellow, 20th Century Ghost). Mais l’essentiel dans ce rapprochement avec tant de formations est le fait qu’O.D. synthĂ©tise d’une très belle manière des influences qui partent dans tous les sens pour les faire rĂ©sonner diffĂ©remment (selon les influences de chacun) dans les oreilles de ses diffĂ©rents auditeurs.

C’est en ce sens qu’O.D. est sans doute plus encore qu’une bonne surprise. Ils trouvent d’une certaine manière la « bonne formule ». Celle-ci, s’ajoutant (ou Ă©tant sans doute son rĂ©sultat) Ă  une maĂ®trise technique impressionnante, pourrait bien faire mouche chez tous les curieux de belles choses. Je m’en voudrais de ne pas citer, Ă  titre d’exemple illustrant cette maĂ®trise, le titre The City Is Psyche, dĂ©nudĂ© Ă  l’extrĂŞme mais -j’ai honte de le dire- qui m’a transformĂ© en un gangster-lover en plein NY City le temps de quelques minutes… Quand je vous disais qu’ils avaient trouvĂ© la formule…

Quentin Deuxant

Liste des titres :

  1. Emale
  2. West
  3. Smoke
  4. In Time
  5. Cornflake
  6. Yellow
  7. I’m in a zone
  8. Disco Mamma
  9. The city is psyche
  10. 20th century ghost
  11. Do you believe ?

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