Me and the B
Me and the B
Mark Alberts
Album CD – 2007 – Sony / ATV Tunes / Northern Songs
Le tout premier jet de l’artiste français Mark Alberts touche Ă toutes les variations imprimĂ©es au blues et au folk dans la pĂ©riode dorĂ©e allant des annĂ©es 60 aux annĂ©es 80. C’est-Ă -dire que cette rencontre entre lui et le « B » (le blues ? les Beatles ?) s’immisce inĂ©vitablement dans les variantes pop et rock que les deux premiers styles citĂ©s ont engendrĂ©s.
L’ennui est que ces quelques mots rĂ©sument Ă eux seul la tentative de cet album. Il n’est certes pas question ici de ratage, mais tout ce qui est proposĂ© Ă nos petites oreilles curieuses par cet album a Ă©tĂ© fait et refait, si ce n’est que la technique moderne permet certaines choses que des groupes comme les Who, les Beatles, les Rolling Stones, ou AC/DC -dans une moindre mesure- n’auraient pas pu se permettre.
Ces derniers groupes constituent en effet les influences affichĂ©es tant sur le papier que sur le CD par Mark Alberts. On reconnaĂ®t sans peine le cĂ´tĂ© rock-blues des Rolling Stones dans certains morceaux, comme Satisfied ou What’s on today, Dorian Gray. Dans d’autres, c’est l’esprit Beatles qui tente d’Ă©merger. C’est le cas de Let it be you, dont le titre donne dĂ©jĂ le ton, de certains passages de Killing on the TV, ou encore du morceau Ă©crit par John Lennon et Paul McCartney, Why don’t we do it in the road. L’entièretĂ© de l’album oscille entre le rock blues construit autour de guitares distordues, et la pop plus lĂ©gère soutenue par un clavier.
Et puis, il y a bien sĂ»r la voix, qui est le principal Ă©lĂ©ment vers lequel converge l’instrumental. Malheureusement, on se prend parfois Ă se lasser de cet accent français parfois très audible et dĂ©rangeant, tout comme de la manière de chanter frisant par moments la caricature, comme sur A lot to give. Pourtant, quand Mark Alberts chante en français (Let it be you, alternĂ© avec l’anglais) l’effet n’est pas mal du tout. Mais il est vrai que le risque de chanter en français est que certains titres, jusqu’alors chantĂ©s en anglais, deviennent difficilement distinguables des morceaux de GĂ©rald de Palmas…
Mais il convient aussi de signaler les bonnes idĂ©es qui traversent cet album et qui, pour notre grand malheur, ne sont pas toujours bien exploitĂ©es. Ainsi, nous avons dĂ©jĂ citĂ© l’alternance anglais/français sur Let it be you, mais de nombreux passages, au sein des morceaux, contiennent en germe du bon qui n’est pas forcĂ©ment menĂ© Ă terme. Dommage ! Does anybody know donne en effet Ă un seul moment l’occasion Ă la guitare de faire sonner note par note ses cordes. HĂ©las, la masse sonore distordue revient vite noyer tout cela dans l’oubli. De mĂŞme, les Ă©chos lĂ©gèrement soul de Killing on the TV ou Voodoo girl (Let it be you aussi) sont souvent balayĂ©s de la mĂŞme manière.
C’est pourtant ce mĂ©tissage qui donne parfois Ă ce Me and the B un air plus rĂ©jouissant. Toutefois, l’ensemble devrait convaincre bien des nostalgiques, mais sans doute pas les adeptes du recyclage ou de la crĂ©olisation musicale. Alors que Mark Alberts donne parfois l’impression de vouloir faire quelque chose d’autre de cet hĂ©ritage qu’il assume pleinement, on se retrouve avec un album plutĂ´t homogène portant en son sein un seul thème musical qu’on dirait presque obsolète. Mais bon, c’est lĂ un premier album. EspĂ©rons que la suite donnera l’occasion Ă Mark Alberts d’enfoncer certaines portes entrouvertes avec cet album.
Quentin Deuxant
Liste des titres :
- Does anybody know
- What’s on today, Dorian Gray
- Let it be you
- Satisfied
- A lot to give (unplugged)
- Killing on the TV
- Feel the Pain
- I Fly
- Why don’t we do it in the road
- Voodoo girl
- Never satisfied
