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With A Little Help From My Friends (album de Landscape)

With A Little Help From My FriendsWith A Little Help From My Friends

Landscape

Album CD - 2007 - Square Dogs

Autour d’un grand nombre de musiciens, Guillaume de Chirac, la tête pensante de Lanscape, nous revient dans ce deuxième album après l’encourageant One, sorti en 2005 et qualifié d’opus post-rock dans la veine de Sigur Ros ou Mogwai.

Ici, il n’est plus question de post-rock, à moins qu’il existe un autre Mogwai et un autre Sigur Ros, qualifiés eux aussi, à tort, de formation post-rock. Autant dire que les chances sont minces…

A l’écoute, on est tout d’abord enchanté par la pop rafraîchissante distillée dans le morceau d’ouverture. Avec ces cuivres et ces cordes, Lost in Translation me fait penser d’emblée à l’introduction de The Hour of the Bewilderbeast, le meilleur album de Badly Drawn Boy. On est donc plutôt dans une pop loin d’être “facile”, mais qui touche là où il faut.

Seulement, les choses se gâtent sur le reste de l’album… Ce n’est pas qu’il s’agisse ici de quelque chose de mauvaise qualité, mais on se lasse de l’atmosphère pesante qui envahit l’album, faisant de celui-ci un bloc franchement, et négativement, homogène. On reste ainsi souvent dans une introduction à la guitare solo, donnant le ton (sombre) au morceau.

Il faut attendre I Wish pour reprendre pied après trois morceaux contraignant à l’apnée. Celui-ci n’est pas forcément plus guilleret, mais sa structure se déroule en différentes phases qui permettent d’ouvrir un peu un carcan dans lequel on croirait pouvoir étouffer. L’entièreté de l’album tombe en effet dans une sorte d’atmosphérique difficile à ingurgiter.

Attachons-nous plutôt aux quelques titres qui sortent du lot. Avec Run Away, nous avons droit à un autre “break” où l’atmosphérique atteint certes des sommets, mais où le tout détonne par son originalité, et parvient simplement à toucher (ces coups de semonce portés par les cuivres, le vibraphone, et cette voix planant par-dessus).

Avec L’heure d’à côté, on découvre le seul morceau en français, qui est toujours si noir mais semble nous donner un brin d’espoir (”L’heure d’à côté sera plus belle”). Comme celui-ci fait vivre, nous n’allons pas cracher dans la soupe. Someday dénote aussi par son authenticité. On sent que quelque chose essaie d’être transmis, quelque chose comme de la rancune et de la tristesse après une relation amoureuse rudement épiloguée… Ce n’est certes pas très amusant, mais le morceau en lui-même profite des huit minutes qui lui sont imparties pour sortir de la structure classique jusque là imposée aux titres précédents, et finir en une apothéose qui nous permet (enfin !) de nous rendre compte du nombre impressionnant d’instrumentistes ayant travaillé à cet opus.

Car, et nous pouvons conclure par là, ce With a Little Help From My Friends aurait gagné à faire plus de place à ces amis si altruistes. Il faut parfois tendre l’oreille pour entendre un vibraphone ou un Rhodes poindre au loin. Pourtant, si le trio guitare-basse-batterie consentait à s’effacer parfois derrière tout ce beau monde, la beauté des intentions qu’on sent sur cet album aurait peut-être pu percer à jour. Dommage…

Quentin Deuxant

Liste des titres :

  1. Lost in Translation
  2. Slow Down
  3. Parenthèse
  4. Someone Else
  5. I Wish
  6. Born Wild
  7. Run Away
  8. L’heure d’à côté
  9. Someday

Publié le 3 avril 2007 dans Pop Rock, Sorties CD,

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