Don’t Get High On Your Own Supply

Imprimer

Don't Get High On Your Own SupplyDon’t Get High On Your Own Supply

Ramone

Album CD – 2006 – UnderCover

L’histoire de cet album est un peu particulière. En effet, il s’agit d’une édition posthume du travail de son auteur, Andi Horvath alias Ramone. Celui-ci est décédé en juin 2001, quelques mois après avoir réalisé lui-même cette compilation de quelques-uns de ses morceaux. Ce travail, réalisé sur un simple PC « ms-dos » à l’aide du programme « Fasttracker », fut récupéré par un artiste proche de Ramone, Alphawezen, et proposé à Under Cover qui ne dut pas réfléchir longtemps pour accepter de nous livrer ce concentré de hip-hop old school à la sauce épicée tantôt de drum and bass ou d’électro au sens large, tantôt de funk.

Résolument axé « soirée », l’album est composé d’un bloc où les transitions entre morceaux sont parfois imperceptibles, comme dans la set list d’un bon DJ. Après une entrée en matière donnant le ton, avec une rythmique très dans la vague hip-hop ’80 (revoyez vos classiques -je pense notamment à Gran Master Flash-), accompagnée du traditionnel travail sur les sons, d’un scratching bien maîtrisé aux samples divers (Dojo, Ghetto), on découvre des influences plus funk avec Shaolin ou électro/drum and bass (Hit Ya, Mouzdis, Break off, …).

Seulement, voilà, on en reste à ce triptyque hip-hop/funk/drum and bass sur chacune des plages de cet album, avec diverses variations faisant pencher chaque morceau vers un côté ou l’autre… Ce qui peut parfois être lassant dans les blocs de morceaux franchement orienté drum and bass. Mais, encore une fois, cet album est plutôt orienté soirée et l’écoute que j’en ai eu dans l’ambiance calfeutrée de mon petit appartement bruxellois est sans doute loin des conditions dans lesquelles l’auteur aurait imaginé la réception de son travail.

Pourtant, bien des plages de Don’t get high on your own supply réussiraient à faire bouger un octogénaire amateur de chants grégoriens… c’est dire. De plus, c’est très bien fait: le sens du rythme imparable de Ramone lui évite de devoir en faire trop pour arriver à un résultat surprenant. On retrouve ainsi parfois un tel découpage rythmique qu’on se demande comment une telle prouesse a été possible. On regrette par exemple à l’écoute de Sonic, que d’autres morceaux n’aient pas profité, outre cette rythmique hallucinante, d’une telle recherche harmonique. Ce titre est en effet plein de surprises et fait de changements d’accord « au poil », entre les scratchs et autres sons incorporés.

A n’en pas douter, un artiste comme Ramone, déjà présent sur la scène hip-hop allemande depuis le début des années 90, aurait encore eu beaucoup à lui apporter. Si son album est certes assez sombre, il est cependant vivement déconseillé à tout DJ digne de ce nom de s’en passer… C’est une perle pleine de surprises, ça bouge, et ça démontre surtout une maîtrise qui mérite à elle seule d’être saluée.

Quentin Deuxant

Liste des titres :

  1. Numa1
  2. Dojo
  3. Ghetto
  4. Shaolin
  5. Cold Rock Stuff
  6. Powermove
  7. Hit Ya
  8. Sonic
  9. Smooth Operator
  10. On Wax
  11. That’s Why
  12. Break Off
  13. Mouzdis
  14. Saigon
  15. One Two
  16. Hirez
  17. 6little
  18. Boomin In Ya Jeep
  19. Trip
  20. Prt
  21. Outro

Poster votre commentaire