Entretien avec les Plasticines

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PlasticinesIssues du revival rock yĂ©-yĂ© des sixties et de la scène remuante parisienne, ces 4 jeunes filles nĂ©es dans les annĂ©es 80, nous offrent des chansons pop fulgurantes. Sans complexe et sans chercher Ă  retrouver un son mais plutĂ´t Ă  en crĂ©er un nouveau qui aurait des empreintes anthropomĂ©triques des plus grands artistes d’avant et de maintenant. Artistes babies peut-ĂŞtre mais comme le whisky, c’est en cumulant les verres que l’on trouve l’ivresse.

RamDam: Qui sont les Plastiscines ?

Les Plasticines: On s’est connu dans la mĂŞme classe en seconde, des amies de lycĂ©e. Louise, nous l’avons rencontrĂ©e plus tard Ă  un concert des Libertines. On n’a donc montĂ© le groupe qu’avec des filles mais ce n’Ă©tait pas forcĂ©ment voulu au dĂ©part.

RamDam: Avant mĂŞme d’ĂŞtre ensemble, vous aviez toutes une idĂ©e de ce qu’Ă©tait la musique que vous aimeriez faire ?

Les Plasticines: On voulait toutes faire du rock. Reproduire l’Ă©nergie qu’on voyait dans des groupes comme les Libertines, les Strokes. Après on a trouvĂ© notre propre son en jouant et en composant nos morceaux.

RamDam: C’est quoi ce vinyle interdit Ă  la vente ?

Les Plasticines: C’Ă©tait un 45 tour promo, distribuĂ© Ă  la fin des concerts.

RamDam: C’Ă©tait l’Ă©poque insouciante ?

Les Plasticines: Mais encore maintenant !

RamDam: Mais il y a quand mĂŞme plus de pression maintenant ?

Les Plasticines: Oui, au dĂ©but c’Ă©tait une pĂ©riode de dĂ©couverte, maintenant il faut assurer.

RamDam: Quand Virgin vous propose de faire un disque: la règle du jeu c’est quoi ?

Les Plasticines: On a rencontrĂ© Maxime Schmitt notre producteur au dĂ©but du groupe il y a 2 ans. Il venait nous voir en rĂ©pĂ©tition Ă  Saint Cyr. On parlait musique, il nous dirigeait dans nos compositions, dans une dĂ©marche amicale. On s’est très bien entendu et il avait envie de se remettre Ă  la musique, de nous produire. Une chose entraĂ®nant une autre, on a signĂ© chez Virgin.

RamDam: Quel est votre rapport avec Maxime Schmitt: il est très papa poule avec vous ?

Les Plasticines: Au delà du travail, il nous materne. Il nous apprend beaucoup de choses dans la musique avec Kraftwerk, Dutronc. Savoir les pièges à éviter. Du coup, il nous guide vachement.

RamDam: Qu’est-ce que vous pouvez rĂ©pondre Ă  ceux qui vont fatalement dire que vous ĂŞtes le groupe d’un producteur ?

Les Plasticines: Vous savez, on se connaissait avant de le rencontrer. Il nous guide en rĂ©pĂ©tition, dans la construction des morceaux mais après, il n’a jamais touchĂ© Ă  nos chansons. Dans la construction de l’album, cela va de titres composĂ©s Ă  17 ans jusqu’Ă  aujourd’hui. Les chansons existaient avant de rencontrer Maxime. Il ne nous a jamais dit comment nous habiller. En France les gens sont très critiques. Ce que je ne comprends pas, c’est que les gens achètent de la m**** sortie de la Star Academy et ne comprennent pas une dĂ©marche diffĂ©rente ou la descendent.

RamDam: On dit de vous que vous sortez des singles et que vous les regroupez sur un album mais pour moi votre disque à une thématique rétro très forte ?

Les Plasticines: Ca fait peut ĂŞtre vintage, l’idĂ©e des annĂ©es 60.

RamDam: Vous ĂŞtes Ă  contre-courant d’une chanson française cĂ©rĂ©brale ?

Les Plasticines: Oui, mais c’est ce qu’on recherche. C’est ce que nous voulions. C’est pour ça que nous avons enregistrĂ© l’album rapidement et aussi tĂ´t. Nous voulions garder la naĂŻvetĂ©, la spontanĂ©itĂ© et la fraĂ®cheur de la fin de l’adolescence.

RamDam: Les Anglo-saxons ont dĂ©jĂ  beaucoup de groupes jeunes et rock ‘n’ roll, alors qu’ici en France cela semble nouveau, surtout quand on parle de filles ?

Les Plasticines: Ils ont toujours Ă©tĂ© en avance sur le rock… C’est peut ĂŞtre dans leur culture. Tous les enfants lĂ -bas prennent des cours de musique et sont capables de monter des groupes Ă  12 ans. L’esprit de groupe est beaucoup moins important en France.

RamDam: Vous savez que vous allez vous faire des inimitiés avec les quadra défenseurs du temple ?

Les Plasticines: SĂ»rement. Ca Ă©tonne les gens, cela surprend et on cherche Ă  nous descendre. On se dit que ce n’est pas normal qu’Ă  19 ans nous ayons notre chance. Il y avait un commentaire oĂą un mec voulait nous brĂ»ler. C’est de la haine pure et dure. Dans les critiques, il y a une part de jalousie. Certains mĂŞme sans nous connaĂ®tre. Juste parce qu’on est des filles. Ceux qui font ça depuis 10 ans avec un niveau de guitare supĂ©rieur au nĂ´tre et qui galèrent, ça doit les Ă©nerver. On doit ĂŞtre formatĂ©es par la maison de disques, des filles naĂŻves sous la coupe d’un mĂ©chant producteur. En plus nous ne sommes pas trash dans notre manière de nous habiller, on est clean, donc les gens s’imaginent que nous sommes des petites bourgeoises de 20 ans qui sont lĂ  car c’est la mode.

RamDam: Vous ĂŞtes quand mĂŞme dans l’air du temps ?

Les Plasticines: Oui mais c’est la mode du moment et nous n’avons pas cherchĂ© Ă  coller Ă  ça. Au lycĂ©e, tout le monde nous regardait de travers car on mettait des pantalons slim avec des santiags et c’Ă©tait bizarre. Alors que maintenant tout le monde s’habille comme ça.

RamDam: Vous arrivez Ă  concilier vos vies de jeunes femmes et d’artistes ?

Les Plasticines: Pour l’instant c’est un peu tout pour la musique. On n’a pas trop le temps de penser Ă  autre chose.

Propos recueillis par Pierre Derensy

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