Entretien avec Marc Collin (Nouvelle Vague)

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Nouvelle VagueLa suite du projet Nouvelle Vague a pour titre Bande à Part, toujours à base de reprises de titres post-punk, new-wave des années 80 mais en faisant voyager cette fois ce répertoire dans un autre espace temps: les Caraïbes entre 1940 et 1970.

RamDam: Pourquoi ne pas avoir repris de titres de Chris Conty pour votre nouveau disque (Chris Conty étant un faux chanteur, fausse idole des années 60, dont Canal + a fait un documentaire et auquel Marc Collin participe) ?

Marc Collin: (Rires) Parce qu’on a enregistrĂ© ce disque avant que je ne me souvienne de Chris.

RamDam: Vous étiez parfait comme acteur en tout cas !

M. C.: Comment ça comme acteur ?! je ne faisais que parler de ma jeunesse (rires).

RamDam: Le succès du premier album vous a-t-il surpris ?

M. C.: Pour quelqu’un qui vend en gĂ©nĂ©ral et Ă  tout casser 10.000 disques, c’est Ă©vident. 200.000, ça surprend. Je savais que le disque avait un potentiel, tous les amateurs de cette culture new-wave avaient toutes les chances d’ĂŞtre conquis vu que je fais partie du mĂŞme panel et que j’aimais mon disque, par contre je ne pensais pas avoir un tel retour, notamment au niveau des femmes, des jeunes qui ont adorĂ© sans connaĂ®tre l’origine des chansons, en aimant le disque pour ce qu’il est: des belles chansons bien arrangĂ©es avec des voix de filles.

RamDam: Le plus beau compliment pour vous, ce ne serait pas qu’on dise prĂ©fĂ©rer l’original Ă  la copie et ainsi faire redĂ©couvrir certains oubliĂ©s ?

M. C.: Plein de gens me disent que mon disque est mieux que l’original mais je ne suis pas d’accord. Disons que c’est Ă©tonnant et que cela permet aux non-initiĂ©s curieux de donner une nouvelle vie Ă  l’authentique. A l’exception de 2 ou 3 morceaux oĂą notre version est meilleure (rires). Vince Clarke qui a Ă©crit Don’t Go nous a avouĂ© prĂ©fĂ©rer notre version. Le plus beau compliment ne peut venir que des gens qui ont composĂ© les morceaux.

RamDam: N’avez-vous pas l’impression parfois de blasphĂ©mer des groupes mythiques et vous en fait-on le reproche ?

M. C.: Ben, pas tant que ça. C’est ce qu’on nous avait surtout pronostiquĂ© pour le premier: d’avoir tous les punks, les corbeaux gothiques qui nous seraient tombĂ©s dessus. Mais finalement je pense que toutes les musiques sont faites pour ĂŞtre reprises, et deuxièmement tous les gens qui sont jusqu’au-boutistes dans le punk ou le gothique ont Ă©tĂ© très contents qu’on s’intĂ©resse Ă  eux et qu’on reprenne le morceau pour l’offrir du coup au grand public. De toute façon, c’est un vrai hommage. Il y a des supers chansons qui sommeillent derrière l’emballage de la tribu qui se les est appropriĂ©e.

RamDam: Ce deuxième disque démarre aussi sur une idée bien précise de lieu, de temps ?

M. C.: Le premier, nous l’avions fait dans l’euphorie de l’idĂ©e et du concept des reprises, point barre. Pour le deuxième, nous ne pouvions pas y aller sans rĂ©flĂ©chir. En plus, je l’ai prĂ©parĂ© seul alors que le premier Ă©tait une vraie collaboration avec Olivier Libaux. Je travaille toujours Ă  partir d’une trame, d’un scĂ©nario que j’ai envie de rĂ©aliser. Je ne fais pas que de la musique. C’est toute une sĂ©rie de rĂ©fĂ©rences: pour celui-lĂ , le Retour des Morts Vivants par exemple, m’a fortement inspirĂ©, j’ai cette fois rĂŞvĂ© d’un jeune JamaĂŻcain qui, s’accompagnant de sa guitare sèche, chante « Heart Of Glass » chez lui dans la chaleur des faubourgs avoisinants Kingston. En parallèle, j’avais aussi dans la tĂŞte une autre scène prĂ©cise: une jeune fille aveugle qui chante « Fade To Grey » dans les couloirs du mĂ©tro parisien, seule avec son accordĂ©on dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale.

RamDam: Serait-il possible qu’un jour ce projet prenne un tout autre sens et adapte des chansons douces en vĂ©ritables furies new-wave ?

M. C.: Ce serait possible mais je pense que ce ne serait pas Nouvelle Vague. Nouvelle Vague a quand mĂŞme un son, une ambiance, et surtout un cotĂ© Ă©motionnel puissant. Je pense que l’inverse, cela ne marcherait pas. J’ai fait assez de projets pour vous dire que je sais produire avec un son new-wave mais je pense que cela serait un truc très rythmique, très dansant mais ce ne serait pas Nouvelle Vague.

RamDam: Avez-vous des problèmes pour avoir le droit de toucher Ă  certaines chansons et en avez-vous mis certaines très bonnes Ă  la poubelle parce que vous n’aviez pas eu l’accord des artistes ou de leurs ayants droit ?

M. C.: On ne demande rien Ă  personne, comme ça, cela règle le problème. A partir du moment oĂą le morceau ne change pas, qu’on garde le texte et la mĂ©lodie personne ne peut rien dire.

RamDam: Certains artistes du projet Nouvelle Vague sont partis, d’autres sont arrivĂ©s. Comment faites-vous le choix de vos collaborateurs ?

M. C.: Ce n’est pas un groupe au sens littĂ©ral. Personne ne vient jouer guitare-basse-batterie. Nouvelle Vague est un groupe sur scène mais, en studio, je produis les morceaux seul. J’appelle les chanteurs et les chanteuses en fonction de mes envies sur les titres.

RamDam: Beaucoup de gens pensent que Nouvelle Vague est une seule voix d’artiste fĂ©minine ?

M. C.: Oui, je l’ai souvent notĂ©, alors que non ! Il y en a 8 !

RamDam: Certaines chanteuses sur ces 8, comme Camille, sont devenues tellement cĂ©lèbres qu’elles ne peuvent plus travailler avec vous ?

M. C.: Pour Camille, cela me fait plaisir pour elle mais en mĂŞme temps c’est vraiment dommage. Sur le Nouvelle Vague 1, elle Ă©tait dĂ©jĂ  chez Virgin et ils ne m’ont jamais rien dit, au contraire ils Ă©taient très contents. Par contre vu le succès du projet, ils ne dĂ©siraient plus que leur chanteuse phare vienne remplir les caisses d’une maison concurrente.

RamDam: L’universalitĂ© de la langue anglaise sur votre projet vous permet d’ĂŞtre apprĂ©ciĂ© partout dans le monde ?

M. C.: Je dirais plutĂ´t que c’est l’universalitĂ© de la culture new-wave qui nous permet de jouer partout ! J’ai l’impression qu’on pourrait dĂ©composer notre public ainsi: 50% qui viennent pour la reprise des originaux et 50% qui viennent pour le son Nouvelle Vague. Les gens apprĂ©cient le groupe. Finalement c’est quelque chose d’assez nouveau et d’assez frais, surtout pour un groupe qu’on pourrait qualifier de cover-band. Beaucoup de gens viennent sceptiques aux concerts et finalement repartent charmĂ©s.

RamDam: L’avenir pour ce projet et pour vous ?

M. C.: On va encore beaucoup tourner. Faire un DVD live de ces annĂ©es pour en rendre compte en images, et pourquoi pas un troisième disque ensuite pour boucler la boucle. Sinon, moi je travaille sur mon propre album et sur l’album de deux chanteuses du groupe.

Propos recueillis par Pierre Derensy.

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