Entretien avec Medi

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Medi sort un premier album et son histoire pourrait se retrouver en première page de tous les magazines qui cherchent Ă  faire croire aux contes de fĂ©e. RepĂ©rĂ© sur une plage, il tique dans l’oeil et l’oreille de Dave Stewart (qui finit par produire son premier album). RĂ©sultat: voyage initiatique Ă  Londres pour humer l’air frais de la pop britannique et multitude de rencontres formatrices et d’expĂ©riences musicales riches et diverses.

RamDam: Alors comme ça on casse une corde en plein milieu d’une chanson ?

Medi: Je te jure que cela ne m’arrive jamais. Je l’ai Ă©crit d’ailleurs dans mon blog, j’aime bien raconter ces petites histoires dans la grande histoire pour un peu montrer que ce que je fais est très naturel et les pieds sur terre. Je suis un musicien qui sort des bars et des cafĂ©s-concerts. D’habitude, quand on parle des chanteurs, c’est pour savoir qui sort avec qui ou Ă©voquer un moment musical, moi j’essaye de parler de Medi, l’ĂŞtre humain Ă  qui il peut arriver des tuiles ou des moments gĂ©niaux comme tout le monde en traĂ®nant, quelque part.

RamDam: Dès 15 ans tu donnais des concerts ?

Medi: Oui, mĂŞme que je crois avoir dĂ©butĂ© Ă  14 ans. Comme j’Ă©tais mineur, mes parents m’accompagnaient partout. Mon père est sociologue donc rien Ă  voir avec l’idĂ©e de vivre Ă  travers moi ses envies manquĂ©es de devenir musicos, mais il m’a fait Ă©couter les Stones et d’autres groupes et cela dès 4 ans. Ma mère aussi m’a beaucoup soutenu. Je leur dois tout ce que je suis. Je pense qu’ils sont fiers de moi mais mĂŞme avant l’Ă©tape du disque. Bon lĂ , ils m’ont entendu Ă  la radio alors ça prend encore une autre ampleur.

RamDam: Tu t’exiles sur Londres assez jeune Ă©galement, comment se passe ta vie lĂ  bas ?

Medi: C’est marrant parce que pour moi je suis parti Ă  Londres dès l’âge de 16 ans. Bien avant de m’y installer rĂ©ellement Ă  20 ans. En fait, j’ai rencontrĂ© Vasco avec qui j’Ă©cris depuis plein de chansons Ă  Nice, et il m’a fait baigner dans la culture pop anglaise car il habitait Londres. Je suis allĂ© plein de fois chez lui pour m’imprĂ©gner de ce qui se passait outre-Manche. Jusqu’au jour oĂą je suis allĂ© habiter lĂ -bas car il avait une chambre en colocation chez lui.

RamDam: Ta rencontre avec Dave Stewart est un véritable conte de fée ?

Medi: On peut dire que cela pourrait ĂŞtre un bon film, un film hollywoodien ou londonien ! (rires). Ce qui est marrant dans cette rencontre, c’est que les gens pensent que je suis parti Ă  Londres pour rencontrer Dave alors que je revenais en vacances Ă  Nice pour jouer un peu avec des potes et je l’ai simplement rencontrĂ© sur une plage privĂ©e pendant que l’on donnait un concert. Il m’a vu jouer, il m’a simplement dit de lui rendre visite Ă  Londres quand je voulais. Comme j’y habitais, deux semaines plus tard, j’Ă©tais chez lui pour discuter de chansons sans vraiment penser Ă  ce qu’il m’aide dans le milieu.

RamDam: Quand tu as commencé ton album, tu pensais que Dave allait produire ton disque ?

Medi: Non, au dĂ©but il Ă©coutait ce que je faisais et au bout d’un moment il m’a simplement dit que j’Ă©tais prĂŞt Ă  enregistrer. Ensuite il m’a dit « bon ben, je vais te le rĂ©aliser ton album » et voilĂ  c’est tout. Je n’ai rien demandĂ©. On se comprenait bien. Ce disque a Ă©tĂ© fait dans 2 appartements, Ă  la maison, mĂŞme si c’est Dave qui le produit. Les studios Ă©normes sont arrivĂ©s au moment du mixage. J’ai jouĂ© de la batterie dans ma chambre. Et lui lĂ -dessus, il a mis en avant ce que je savais faire en me laissant libre de mes choix. Il disait lui mĂŞme qu’un producteur n’arrivait pas avec la dictature des sons. Il l’a bien fait. C’Ă©tait ce que je voulais dire Ă  l’Ă©poque.

RamDam: Il y a eu un dĂ©calage entre la rĂ©alisation et la sortie de l’album: tu es dĂ©jĂ  en train de prĂ©parer l’avenir ?

Medi: Le disque est sorti depuis 3 mois et on a du boulot pour le faire tourner mais je ne m’arrĂŞte plus d’Ă©crire. Après ça va ĂŞtre une question de planning. Si cela ne tenait qu’Ă  moi, le prochain sortirait dans 3 mois.

RamDam: Tu as aussi été choriste de U2 ?

Medi: Ca Ă©tĂ© tout Ă  fait par hasard encore ! Ca fait partie de ce fameux film qui continue. C’est une suite (rires). Un jour, Dave m’appelle et me dit qu’on a besoin de moi quelque part pour une Ă©mission. C’Ă©tait après les attentats du 11 septembre et U2 avait besoin d’un choriste sur la chanson qu’ils interprĂ©taient. Du coup ensuite, j’ai fait quelques trucs avec eux comme Top of the Pop, mais c’Ă©tait juste poser une voix 2 minutes et cela n’avait rien Ă  voir avec ce que je faisais personnellement. Évidemment, quand tu es dans le sillage de Dave Stewart, ses copains sont tous des mecs comme ça. T’es dans son salon et t’as Denis Hooper qui dĂ©barque et qui vient manger un poulet-frite pour causer de la vie. Ce sont des gars totalement normaux. C’est ce qui est autour qui donne l’impression de mythe. U2, c’est une multinationale mais ils parlent de leurs gosses.

RamDam: Ca a collé avec ces artistes car tes affinités musicales correspondent aux leurs ?

Medi: C’est marrant parce que U2 Ă©tait venu une fois me voir dans un bar jouer. Bon, ils sont restĂ©s deux chansons car après ils ont créé une Ă©meute mais ils m’ont vachement encouragĂ© en me disant simplement que ce que je faisais leur rappelait leur dĂ©but Ă  Dublin et que cela leur manquait.

RamDam: Tu es très seventies ?

Medi: Oui mais finalement je me suis rendu compte que mon disque sonnait comme ça après coup. Bon après quand on me demande ce que j’ai dans ma collection de disques, c’est effectivement Jimi Hendrix, les Doors, Led Zep, Nina Simone, les Stones. J’Ă©coute aussi de l’Ă©lectro, j’ai besoin de bouffer de la musique tout le temps. J’ai fait des choses avec Émilie Simon. J’adore son univers. A un moment donnĂ©, j’ai Ă©tĂ© dans son sillage car je faisais un peu de guitare avec elle, notamment sur son troisième disque et si tu l’Ă©coutes, son Ă©lectro prend des allures de rock vintage. C’est important de grandir par ces rencontres, connaĂ®tre la musique que tu as envie de faire, les expĂ©riences que tu veux tenter. L’idĂ©e aussi que tu as la chance en faisant ce mĂ©tier, de pouvoir changer ton fusil d’Ă©paule du jour au lendemain et pas parce que je sais pas ce que je veux, mais plus parce que je pense que tout est possible et que la musique est très variĂ©e.

RamDam: Cet album, c’est 12 titres qui se conjuguent parfaitement ?

Medi: Les 12 que j’ai chopĂ©s, c’Ă©tait pour avoir un son cohĂ©rent. Après j’ai mis les plus efficaces au dĂ©but. Ensuite, je me suis peut ĂŞtre plus lâchĂ© dans ce que j’aime (rires).

RamDam: Il y a un titre en français et il arrive en piste cachée ?

Medi: A l’Ă©poque oĂą j’habitais en Angleterre, je ne savais pas si j’allais le sortir en France. L’ingĂ©nieur du son a chopĂ© cette chanson que je travaillais. Le français, c’Ă©tait le clin d’oeil pour faire connaĂ®tre ma nationalitĂ©. Car beaucoup de journalistes en promo en France commencent les entretiens en anglais.

RamDam: La seule « french touch’ » de ton disque, c’est de porter l’accent sur les paroles contrairement Ă  beaucoup de groupes anglo-saxons qui ne font pas preuve d’originalitĂ© et prĂ©fèrent axer leurs chansons sur le son brut ?

Medi: Il y a une culture que j’aime dans la littĂ©rature anglaise, c’est la simplicitĂ© des mots. Bob Dylan ou Lou Reed, c’est de la poĂ©sie. Bon, c’est sur que je ne travaille pas dans le rock ‘n’ roll des Strokes car j’avais envie qu’il y ait des histoires ou tout du moins des images dans mes paroles. La plupart du temps, elles parlent de moi ou de Vasco.

RamDam: C’est quoi ce Medicine Show qui accompagne Medi ?

Medi: Ce sont les musiciens du disque, dont 4 que j’adore et qui sont avec moi sur scène. Medicine Show, c’est un collectif. On se permet n’importe quelle pĂ©ripĂ©tie dans les morceaux, chose impossible si tu ne fais pas entièrement confiance aux autres. J’ai du mal quand je vois un disque sur lequel l’artiste n’a presque rien fait mais que c’est son nom qui frappe. Cela arrive souvent dans la variĂ©tĂ© française. Ici, j’ai fait presque tout sur ce disque, tout du moins beaucoup de choses, mais j’ai quand mĂŞme envie de mettre Ă  l’honneur mes collaborateurs. Ce n’est pas un groupe mais je ne peux pas dire que je sois seul sur ce projet. Les intervenants de cuivres par exemple, c’est une touche en plus.

RamDam: Sinon, c’est quoi cette manie de te comparer Ă  JĂ©sus ?

Medi: (Rires) C’est fou ! Tu sais que mĂŞme quand j’ai la barbe rasĂ©e et que j’ai les cheveux plus courts, c’est pareil ! (rires).

Propos recueillis par Pierre Derensy

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