Entretien avec Tom Poisson

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Tom PoissonAprès une rĂ©sidence de crĂ©ation, « Ă  la campagne », Tom Poisson vient prĂ©senter ses nouvelles chansons, ses nouvelles trouvailles, alors mĂŞme que son troisième album est encore en gestation. « Le but pour nous est d’Ă©prouver ces nouveaux titres sur scène, de les confronter au public avant de les enregistrer, pour leur donner plus de force, plus d’Ă©paisseur… » nous a confiĂ© le chanteur.

Ses deux premiers albums ont Ă©tĂ© largement saluĂ©s par la presse Ă©crite (3 clĂ©s TĂ©lĂ©rama, 4 Ă©toiles dans le Monde de la musique…). Pourtant, ce trentenaire au regard tendre est encore peu connu du grand public. A dĂ©couvrir donc d’urgence.

RamDam: Tom Poisson, qu’avez-vous fait sur terre ces 31 dernières annĂ©es ?

Tom Poisson: J’ai jouĂ© aux billes, j’ai couru dans l’herbe, j’ai voulu ĂŞtre trapĂ©ziste, footballeur puis menuisier, j’ai embrassĂ© une fille sur la bouche en classe de 5e. Toujours Ă©tĂ© moyen Ă  l’Ă©cole. Ensuite, j’ai eu du mal Ă  grandir, mon corps refusait obstinĂ©ment de devenir pubère. Finalement les poils ont poussĂ© et j’ai commencĂ© Ă  perdre mes cheveux. J’ai arrĂŞtĂ© le football, appris Ă  faire la fĂŞte. Vers la fin des annĂ©es de lycĂ©e, j’ai pris contact avec cet instrument qu’on appelle la guitare, d’abord pour faire rire les copains. Très vite je me suis pris au jeu en essayant de faire mes propres chansons. J’ai montĂ© des groupes, poursuivi mes Ă©tudes, j’ai Ă©tĂ© pompiste, stagiaire en marketing, j’ai organisĂ© des Ă©vènements musicaux, humanitaires, je suis parti faire le comĂ©dien Ă  chevaux et charrettes sur les places de villages. Après des annĂ©es de musique plus Ă©lectrique, je suis revenu Ă  mes premières amours: la chanson. La chanson avec des mots qui racontent des choses.

RamDam: Qu’est-ce qui est le plus difficile: Ă©crire, composer ou interprĂ©ter ?

T. P.: Ce mĂ©tier, c’est une façon de me raconter, au public bien sĂ»r, mais aussi Ă  moi-mĂŞme. J’Ă©cris par nĂ©cessitĂ©, au moment oĂą l’envie de « fabriquer un truc » est la plus forte. Ca n’aurait pas de sens si les mots n’Ă©taient pas les miens. Ca n’aurait pas de sens si ces mots n’avaient pas d’histoire, s’ils n’Ă©taient pas reliĂ©s Ă  ma vie. C’est le plus souvent dans la facilitĂ© que j’Ă©cris et je compose puisque j’attends que l’envie s’impose Ă  moi. La plus grande difficultĂ©, c’est de restituer l’Ă©motion contenue dans l’Ă©criture au moment de chanter, plus encore au moment d’enregistrer; me rĂ©approprier les mots que j’ai Ă©crit, c’est un paradoxe, mais une vraie difficultĂ©. Je pense avoir trouvĂ© quelques clĂ©s. J’espère…

RamDam: Avec vos chansons, souhaitez-vous faire passer certains messages ? Si oui, lesquels ? Pensez-vous qu’un chanteur doit forcĂ©ment avoir des messages Ă  faire passer ?

T. P.: Je ne suis pas de ces artistes qui veulent absolument faire passer des messages. J’aurais trop peur d’ĂŞtre dĂ©magogue. C’est plus Ă©goĂŻste. Je souhaite me raconter et par lĂ  mĂŞme me dĂ©couvrir, me soigner et, je ne peux pas le nier, obtenir une certaine reconnaissance du reste du monde, une part d’amour. On a tous besoin de sa petite dose d’amour… En revanche, je tente, au travers de mes chansons, de mettre en Ă©vidence ce qui, Ă  mes yeux, reste le plus important dans nos courtes vies. En cela, mes chansons ont peut-ĂŞtre une dimension humaniste voire politique. A vous de voir…

RamDam: Sur scène, vous jouerez de la guitare, du banjo, de l’ukulĂ©lĂ© et vous serez accompagnĂ© par trois musiciens. Pouvez-vous nous parler d’eux ?

T. P.: Christophe Doremus: contrebasse, scie musicale; Alexandre Léauthaud: accordéon, piano, ukulélé; Jean François Seiller: batterie, gluckenspiel, choeurs. Ces acolytes sont tout sauf de simples accompagnateurs, ils sont partie intégrante dans le son du groupe. Nous cherchons ensemble les couleurs appropriées aux titres que je leur propose et tentons de travailler dans le plaisir, celui de jouer et de partager.

Propos recueillis par Cactus and Co

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