Entretien avec Richard Seff
Nous avons rencontré Richard Seff l’auteur compositeur aux multiples tubes, de c’est ma prière de Mike Brant
jusqu’à je t’attends d’Axel Red en passant par les démons de minuit du groupe Images
Ramdam:
Bonjour Richard
Nous sommes heureux de vous rencontrer vu la collection impressionnante de succès que vous avez créé et qui ont égrené notre mémoire
Pouvez-vous nous expliquer la genèse de votre carrière de parolier et de compositeur ?
Richard Seff:
J’ai commencé à écrire des chansons avec mon frère Daniel. J’avais dix-sept ans. Daniel avait un projet d’album. Il avait composé pas mal de musiques, mais beaucoup de textes restaient au point mort. Un jour j’ai eu une idée sur une de ses musiques et je l’ai écrite. Ça lui a plu, alors j’en ai fait d’autres. C’est comme ça que ça a commencé. Deux ans plus tard, Gérard Lenorman enregistrait 2 de nos chansons, dont De Toi qui a été numéro 1 durant plusieurs semaines. Ont suivi d’autres succès : Le Petit Prince, Les matins d’hiver, Les jours heureux…
Ramdam:
Votre carrière semble être liée à une série de rencontres, quelles sont les rencontres les plus importantes pour vous, ayant débouchées sur une collaboration
artistique ou pas ?
Richard Seff:
La première, bien sûr, celle de Gérard Lenorman, qui m’a propulsé dans ce métier d’auteur de chansons, que je n’aurai même pas espéré faire un jour. Quand Daniel m’a annoncé que Gérard Lenorman allait enregistrer nos titres, j’étais persuadé qu’il allait demander à un « professionnel » de réécrire les textes… Et puis il y a eu Mike Brant, est un des plus gros succès de ma carrière : C’est ma prière. Francis Cabrel , que j’ai découvert dans un concours à Sud Radio, et pour qui j’ai eu un vrai coup de foudre artistique, m’a donné envie de me lancer dans la production. Ensuite, j’ai toujours participé au développement des artristes pour lesquels j’écrivais. ça a été le cas de Jean-Pierre Mader, d’Images, d’Axelle Red ,entre autres…
Ramdam:
Vous avez côtoyé les plus grands, Claude françois, Mike Brant, Michel Sardou, Johnny hallyday ,quel souvenir marquant retirez-vous de ces collaborations artistiques ?
Richard seff:
Des images très différentes selon les artistes. Certains, je ne les ai vus que quelques heures, parfois pas du tout, comme Chimène Badi ou Patrick Fiori par exemple, quand cela passe directement par les éditeurs. D’autres sont devenus au fil de notre collaboration de vrais amis comme Francis Cabrel, Jean-Pierre Mader, Axelle Red, Elisa Tovati, Vincent Baguian. J’ai beaucoup apprécié le travail en studio avec Jean-Jacques Goldman. Enfin je garde un souvenir particulier des moments passés avec Mike Brant et Claude François.
Ramdam:
Les années 80 ont été pour vous sources d’énormes succès notamment avec le groupe Images, Jean-Pierre Mader, …comment avez-vous vécu le succès immédiat de cette nouvelle scène toulousaine ?
Richard Seff:
Je n’ai pas été surpris, car Toulouse était déjà une ville exceptionnellement riche musicalement dans les années 70. C’était la seule ville a posséder un studio d’enregistrement professionnel : le Studio Condorcet. De nombreux artistes venaient enregistrer (Michel Sardou, Mike Brant, Patrick Juvet, Louis Chedid…). Il en était déjà sorti Pierre Groscolas et Francis Cabrel. Il y avait de nombreux très bons musiciens (dont certains deviendront Images et Gold…). C’est ce qui explique l’explosion de la scène toulousaine dans les années 80. Et puis, cette musique convenait très bien à l’esprit toulousain, mélange d’exigence musicale et de joie de vivre.
Ramdam:
Votre rencontre avec Axelle Red ? Comment sont nés les formidables succès que sont : Je t’attends, Le monde tourne mal, Bimbo à moi…
Richard Seff:
Une rencontre dans une maison de disque… En parlant, on s’est rendu compte qu’on aimait la même musique, la soul des années 60, celle des labels Stax, Atlantic, Motown… ça nous a donné envie de travailler ensemble. D’ailleurs, si on écoute nos chansons, on se rend compte que beaucoup sont inspirées par cette musique.
Ramdam:
Vous avez quelque peu abandonné la chanson pour l’écriture, votre troisième roman : Les étoiles meurent aussi… sort ce mois-ci aux éditions Le marque page
Pouvez-vous nous en toucher quelques mots
Richard Seff:
Je ne peux pas dire que j’ai abandonné la musique. Il n’y a aucune décision là-dessus. Disons que je suis peu motivé par le contexte et les projets qu’on me propose… Et puis, c’est vrai, j’ai découvert un vrai plaisir à écrire des histoires un peu plus longues !
La dernière : Les étoiles meurent aussi…, se passe justement dans le milieu du show-business. C’est l’histoire d’une rock star qui a « pété les plombs », qui est complètement parano, ne sort plus de chez lui, enregistre le même album depuis des années sans que personne n’ait jamais rien entendu et qu’on retrouve un soir, prostré sur son canapé, ses mocassins blancs baignant dans le sang du cadavre de son ancien manager. Comme il ne parle pas, un commissaire va essayer de reconstituer ce qui s’est réellement passé. J’avais envie de décrire de l’intérieur le parcours d’une star rattrapée par ses démons et qui vit de plus en plus mal sa célébrité.
Ramdam:
Au cours de votre carrière exprimez-vous des regrets, collaboration non aboutie par exemple ?
Richard Seff:
J’ai n’ai pas de regret car je pense déjà avoir eu beaucoup de chance de faire ce métier si longtemps et avec tant d’artistes de premier plan.
Ramdam:
Merci beaucoup Richard pour cet entretien.
Vous pouvez découvrir l’univers de Richard Seff sur son site internet : richard-seff.com
