Les machines absurdes
Les machines absurdes
Album CD – 2000 – Universal
Quel talent, monsieur Sheller ! DĂ©cidĂ©ment, ceux qui pensent encore Ă Un homme heureux ou Donnez-moi madame s’il vous plaĂ®t quand on leur dit Sheller ont ratĂ© de grands moments de musique.
Avec Les machines absurdes, William vous donne une chance de vous refaire. VoilĂ un CD Ă la fois attendu et redoutĂ© par les fans. Si Sheller est capable du meilleur, il l’est parfois du pire aussi.
Son nouvel album est dans la lignĂ©e de ses grands classiques. Il reste constant sans l’ĂŞtre trop non plus. Les machines absurdes donne des frissons. Dans Athis, on retrouve les tĂ©nèbres de C’est l’hiver demain. Dans Moondown, la tension de Le capitaine, et dans To you le lyrisme de Basket-ball. Il y transparaĂ®t le talent et la personnalitĂ© d’un personnage Ă©nigmatique.
Loin d’ĂŞtre dĂ©calĂ©, Sheller est plutĂ´t hors du temps, enfermĂ© dans un autisme artistique [Souhaiteriez-vous savoir tous les mystères qui sont cachĂ©s sous mes atours?] (Sunfool), mu par un besoin apparemment viscĂ©ral de faire de la musique, et non du show-business comme d’autres. Sa voix très particulière et son vocabulaire presque dĂ©suet [...gilets brodĂ©s d'argent...] (Moondown) sont les ingrĂ©dients d’un cocktail qu’on aime ou qu’on recrache tout de suite.
Sheller a gardĂ© son style, sa musique splendidement classique et mystique, ses arrangements traditionnels nappĂ©s de synthĂ©tique. Le son des violons (le merveilleux Sunfool) et autres cordes frottĂ©es rappellent Ă ceux qui l’auraient oubliĂ© qu’il n’y a pas que le violon de Louise Attaque.
Ne pas aimer Sheller est une chose. Ne pas connaĂ®tre Sheller est une erreur. Et pour le dĂ©couvrir, Les machines absurdes est certainement l’album adĂ©quat. Pour une fois qu’on tombe sur un artiste « populaire » dont la musique est de qualitĂ©… mais moins de quantitĂ© (38 minutes seulement).
H. Thomas
Liste des titres :
- Parade (Le bel adieu)
- Indies (les millions de singes)
- To you
- Moondown
- Sunfool (une solitude ordinaire)
- Athis
- Misses Wan
- Enygma song
- Les machines absurdes
- Chamberwood (La vilaine maison)
