Vision

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Thierry Maillard

Album CD – 2003 – RDC Records

Thierry Maillard, après un premier disque sur lequel il était accompagné par deux pointures du jazz américain actuel (John Patitucci, dont la contrebasse a accompagné des musiciens tel que John Scofield, Wayne Shorter ou Dizzy Gillespie, et Dennis Chambers, dont la lourde frappe a fait des malheurs aux côtés de George Clinton et des Brecker Brothers), s’est tourné vers des orchestrations intégrant un quatuor à corde.

Vision, enregistré en mars 2002, est le deuxième disque où les cordes du quatuor se mêlent aux membres classiques d’un trio piano, basse, batterie.

Ce dernier opus du pianiste français, c’est avant tout un disque initié par des images. Thierry Maillard assume pleinement cette direction donnée à sa musique, puisqu’il évoque volontiers les paysages (Sur les monts irlandais par exemple) ou les scènes de vie qui l’ont inspiré (comme la solitude du matin dans laquelle il termine New Ballad).

Vision, un disque sans doute inspiré par des images, et dont le résultat évoque si fortement des images et des climats que l’on se prend à imaginer (avec l’auteur) un film derrière les mélodies: c’est le cas dans Sur les monts irlandais où l’accordéon de Maillard n’est pas sans évoquer certains morceaux de Galliano composés pour la télévision. Les images que nous propose le groupe de Maillard sont avant tout empreintes de douceur, de finesse et de nostalgie gaie.

Donc, musiques romantiques parfois. Parfois juste assez lyriques, comme c’est le cas dans Solitaire, parfois un peu trop quand l’utilisation des cordes souligne trop intensément la structure harmonique évoquée par le pianiste, comme c’est peut-être le cas dans Eclipse.

Mais musique rythmique aussi, quand, sur certains morceaux, les cordes, jouées pizzicato sur Au bout du chemin par exemple, impriment un rythme lancinant à l’ensemble. Thierry Maillard, qui est aussi compositeur et arrangeur de l’album, utilise très bien la sonorité douce des cordes, une sonorité qui lui permet de faire jouer au quatuor des passages mélodiquement plus tendus (dans Quatuor), ce qui apporte aussi des changements d’ambiance au sein de l’album.

Reste à préciser que les cordes sont présentes sur presque tous les morceaux de l’album et que, loin de les utiliser comme figurants, Maillard leur confère une place importante dans la construction harmonique et parfois aussi mélodique. Les cordes font réellement partie de l’orchestre du pianiste, elles accompagnent constamment le travail de Maillard. Il ne s’agit pas d’un trio plus cordes, mais bien d’un septet dont quatre membres sont des cordes…

Le résultat de ce choix est une musique très travaillée, quasi orchestrale, mais qui ne noie pas les talents individuels des musiciens.

Jonathan Unger

Liste des titres :

  1. Sur les monts irlandais
  2. Sans fin
  3. Au bout du chemin
  4. Quatuor
  5. Vision
  6. Solitaire
  7. New-Ballad
  8. Passionnément à la folie…
  9. Eclipse
  10. Univers
  11. Clic-clac
  12. Comme avant…

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