Capture/Release
Capture/Release
The Rakes
Album CD – 2005 – V2 Records
Toujours avides de dénicher la perle rare, les médias spécialisés anglais ne se gênent pas pour encenser et présenter à grand renfort de titres tapageurs le nouveau sauveur du rock, la combinaison ultime. Souvent à tort et à travers d’ailleurs. La prudence est donc de rigueur quand se profile dans le lointain la dernière coqueluche d’outre-Manche.
Et cette fois ce sont The Rakes qui s’y collent. Suivant des concerts en première partie de Bloc Party et une poignée de singles ravageurs, Capture/Release est leur premier album. Onze chansons enfiévrées ramassées en une grosse demi-heure. Alors The Rakes, énième coup de bluff ou trait de génie ?
Sans coup férir, la méfiance est balayée illico. L’agitation crasseuse des quatre Londoniens remontés à bloc annonce la couleur d’emblée. Dans le même esprit libre et intrépide que Bloc Party, le quatuor enchaîne les singles imparables et se déchaîne sur un tempo échevelé, comme sur 22 Grand Job, bombe condensée en moins de deux minutes.
Avec un son glacial toujours entre rudesse et souplesse, pas de temps à perdre, ça file tout droit et à plein tube. Effervescence omniprésente, guitares assassines, basse bien lourde et section rythmique infernale: la recette est connue mais fonctionne encore.
Derrière ces compositions au bord de l’explosion se cache une nervosité maîtrisée qui rappelle tour à tour les gimmicks des Strokes (Strasbourg), Franz Ferdinand (la basse sur Retreat), bien évidemment Bloc Party (The Guilt, We Are All Animals) mais aussi le débit saccadé de Wire (Binary Love, T Bone).
Telle une voiture de course rugissante, The Rakes prend ses tournants à la corde et relance au sortir de chaque virage, plantant au passage The Strokes au rayon des jouets. Pied au plancher sur la route menant aux sommets éphémères du rock, ils s’immiscent dans le sillage immédiat des principaux instigateurs de cette nouvelle « nouvelle vague »: Franz Ferdinand et Bloc Party.
Avec un premier test réussi haut la main, The Rakes évite le râteau et s’annonce clairement comme le phénomène rock de l’été, voire de la rentrée à venir. À l’ombre de cette éternelle cold wave, le revival ne fait peut-être que commencer.
Nicolas Gillet
Liste des titres :
- Strasbourg
- Retreat
- 22 Grand Job
- Open Book
- The Guilt
- Binary Love
- We Are All Animals
- Violent
- T Bone
- Terror !
- Work. Work. Work (Pub, Club, Sleep)
