Everyday
Everyday
Dave Matthews Band
Album CD – 2001 – RCA
Soyons clair dès le dĂ©but: Dave Matthews Band est (Ă©tait?) un groupe parfaitement incontournable. Bien sĂ»r, dans la gradation des sorties musicales, il y a les bons albums, les très bons, quelques albums excellents, mais quand il s’agit de qualifier un album comme Crash, ou le « live » Luther College 96 de Dave Matthews, on manque rapidement d’adjectifs.
Dave Matthews Band est un groupe que quiconque ayant la prĂ©tention d’aimer la musique se doit de connaĂ®tre sinon d’apprĂ©cier et l’on ne peut que regretter que ses albums aient tant de difficultĂ©s Ă traverser l’Atlantique, tout comme les membres du groupe dont on ne connaĂ®t pratiquement comme prestation europĂ©enne que le passage Ă©clair Ă un festival de Werchter.
La musique de DMB, de la pop dans le meilleur sens du terme, est vivante, pleine de swing, de feeling, de violons, de saxophones, de guitares et a longtemps laissĂ© penser qu’il s’agissait d’un sommet en matière de talent musical.
Le dernier opus, intitulĂ© Everyday, Ă©tait Ă©videmment très attendu par les initiĂ©s, lesquels sont nettement plus nombreux au pays de la Budweiser oĂą la prĂ©vente de l’album a cartonnĂ©. Autant dire que lorsqu’on a pour la première fois Everyday en main, on se sent traversĂ© d’une grande Ă©motion.
La première critique que l’on pourrait formuler, qui n’est pas vraiment une critique de fond, concerne l’approche marketing: le livret nous prĂ©sente en gros plan les bouilles des cinq membres du groupe et une liste des titres. Point Ă la ligne.
Celui qui dĂ©sire se procurer les paroles (il faut savoir que chez un auteur comme Dave Matthews, c’est souvent intĂ©ressant) doit se rendre sur le site officiel oĂą elle sont disponibles en fichier pdf. Vous pouvez les imprimer puis entrer dans une phase de dĂ©coupage/collage afin que ça rentre dans le boĂ®tier. C’est le premier grand moment (le seul?) que nous offre Everyday.
Cet hyperlien n’est Ă première vue pas prĂ©sent sur le site officiel. Il s’agit d’une espèce de lien « top secret » (ouaiiiis!!!!), rĂ©servĂ© aux heureux dĂ©tenteurs de l’album. Ca fait penser Ă l’expĂ©rience Offspring, mais rassurez-vous, c’est la seule ressemblance.
Sur ce site, on trouve aussi une rubrique intitulĂ©e Bamaworks, association « charitable » créée par le groupe lui-mĂŞme afin de rendre les papillons plus beaux et les grenouilles plus vertes.
Sur le plan musical, l’absence du guitariste de gĂ©nie qu’est Tim Reynolds, collaborateur de longue date sans ĂŞtre membre attitrĂ© du groupe, est très tangible et la collaboration de Carlos Santana (un prĂŞtĂ© pour un rendu puisque Dave Matthews avait participĂ© Ă son album) sur Mother Father est Ă©videmment loin de combler le manque. On le reconnaĂ®t tout de suite, le moustachu, avec ce son de guitare Ă la Maria.
On retrouve sur Everyday une chanson qui fait penser, presque avec nostalgie dĂ©jĂ , aux albums prĂ©cĂ©dents. Elle s’intitule If I Had It All: « If I had it all [...] what would I sing for ? ». Dave Matthews semble avoir dĂ©jĂ beaucoup trop de choses Ă mon goĂ»t.
Personnellement, je considĂ©rerais cet album, qui n’est quand mĂŞme pas Ă jeter Ă la poubelle, comme une erreur, un passage Ă vide pour le groupe. Cela dit, ceux qui ne connaissent pas cette formation d’outre-Atlantique doivent rĂ©ellement s’y mettre. Commencez par un autre album que Everyday, c’est fabuleux.
H. Thomas
Liste des titres :
- I Dit It
- When The World Ends
- The Space Between
- Dreams of Our Fathers
- So Right
- If I Had It All
- What You Are
- Angel
- Fool To Think
- Sleep To Dream Her
- Mother Father
- Everyday
