Language. Sex. Violence. Other ?
Language. Sex. Violence. Other ?
Album CD – 2005 – V2 Records
Presque deux ans après You Gotta Go There To Come Back, les Gallois de Stereophonics reviennent avec un cinquième album rock très Ă©lectrique. Évoluant habituellement dans la lignĂ©e des Manic Street Preachers, d’Oasis ou encore de U2, le son de Language. Sex. Violence. Other ? est pourtant lĂ©gèrement plus dur et se rapproche davantage de l’enthousiasme juvĂ©nile des Australiens de The Vines.
Tout est propre et net chez Stereophonics. Des couleurs du boîtier au son en passant par les titres à un mot façon Pearl Jam: ces petits malins ne laissent rien au hasard. Mais en creusant sommairement sous la couche de vernis, apparaissent déjà les premières failles. Entre autres cette façon quasi automatique et permanente de recouvrir leurs chansons de strates superflues proprement superposées.
Cette production lisse, très lĂ©chĂ©e au demeurant, s’avère paradoxalement chargĂ©e et accouche au final de onze compositions grandiloquentes et gavĂ©es d’effets. ParsemĂ©es de touches parfois discrètes mais le plus souvent lourdes, le groupe tourne en rond de bout en bout. Dakota, lointaine rĂ©miniscence du Johnny and Mary de Robert Palmer, reste la meilleure plage de l’album sans toutefois Ă©chapper Ă cette règle de saturation.
La multiplicitĂ© de guitares rugissantes asphyxie par moments la voix rocailleuse du chanteur Kelly Jones et illustre Ă merveille cette impression de surcharge. De surcroĂ®t, les mĂŞmes riffs rĂ©apparaissent au fil des plages, agencĂ©s proprement et calibrĂ©s sans la moindre prise de risques. En rĂ©sumĂ©, les guitares plombent malencontreusement de bonnes compositions qui dĂ©gageraient davantage d’Ă©motions dans un canevas simplifiĂ©, voire acoustique.
Ă€ force d’Ă©luder toute innovation et de faire surgir de manière intempestive des mĂ©lodies sirupeuses, l’album devient aussi lustrĂ© que sa production et Ă©touffe l’Ă©motion. Comme si l’auditeur Ă©coutait un seul long morceau. L’essai, consensuel et archi-conventionnel, est donc partiellement manquĂ© par des Gallois qu’on a connu nettement plus inspirĂ©, sur Performance And Cocktails notamment.
Nicolas Gillet
Liste des titres :
- Superman
- Doorman
- Brother
- Devil
- Dakota
- Rewind
- Pedalpusher
- Girl
- Lolita
- Deadhead
- Reel
