Classique

Marcel Proust et Reynaldo Hahn

Jeudi 1er décembre

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Un temps amants et longtemps amis, Marcel Proust et Reynaldo Hahn vivent une éternité de papier sous la couverture de La Recherche.

Le premier l’a écrite et bâtie. Le second (compositeur, chef d’orchestre, chanteur et critique) en a modelé la dimension musicale, sonate de Vinteuil incluse.
En plus du goût de la musique classique, les deux hommes partageaient une passion pour les cafés-concerts et les chansons de Mayol. Proust adorait entendre Hahn entonner Viens Poupoule. Il le faisait parfois venir chez lui spécialement pour cela.

Si l’influence de Reynaldo Hahn dans l’édification de la Recherche a été longtemps tue, c’est d’abord que la famille de Proust s’est employée à effacer les traces de son homosexualité. C’est aussi que dans l’entre-deux-guerres, la critique s’est plue à faire passer Hahn pour un has been après l’avoir encensé jusqu’au milieu des années 1910.

Par chance, le temps de la honte et du mépris est révolu. Preuve en est ce concert-lecture en forme de dialogue. D’un côté Hahn interprété par le quintet Tchalik, qui lui a déjà consacré un album en 2020. De l’autre Proust lu par le comédien Pierre Hancisse, dont les enregistrements de Molière, Foenkninos ou Sensal sont connus des amateurs de littérature audio. Jouera-t-on ce soir-là Viens Poupoule au rappel ? Le programme ne le précise pas.

Sébastien Vaissière

Photo : Steve Murez

Publié par Rédaction de Ramdam


Scène Nationale d'Albi,