Jean Guidoni : Biographie

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Jean GuidoniEn marge des sentiers battus du show business, Jean Guidoni nous fait voyager, depuis le milieu des années 1970, dans un monde sombre où se côtoient prostituées, loubards et homosexuels. Un univers proche du « Querelle » de Fassbinder, glauque et poétique à la fois.

Finement, il s’impose à nous comme un écorché vif, et ses prestations scéniques remarquables laissent un goût profond de passion et de douleur.

Un homme de l’eau

Fils de marin corse, Jean Guidoni voit le jour le 3 mai 1952 à Toulon. Alors qu’il débute dans la coiffure à Marseille, où il fréquente les quartiers chauds de la ville, avec son lot de voyous et de prostituées, Jean se lance dans la chanson en gagnant Paris au début des années 70.

Fortement marqué par sa jeunesse sombre, il a du mal à soigner ses angoisses.

De la haine à l’amour

Son premier 45 tours, La leçon d’amour, passe inaperçu. Il lui permet cependant de mettre un pied dans l’aventure Paris Populi, une comédie musicale sur l’histoire de Paris, dont la musique est écrite par Francis Lemarque.

Au fil des rencontres, il fait parler de lui. Un premier album en 1977, un 45 tours co-écrit par Jacques Lanzmann (parolier fétiche de Dutronc), puis la première partie de la tournée de Marie-Paule Belle et de Serge Lama la même année, imposent sa silhouette sombre.

Mais Guidoni ne se sent pas à l’aise dans son style. Il ne parvient pas à exprimer pleinement ses maux et se sent prêt à décrocher.

Fassbinder

En 1978, il tombe en admiration devant la chanteuse Ingrid Caven, l’ex-femme du cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder (Querelle, Tous les autres s’appellent Ali, …) dont elle chante alors les textes, remarquablement traduits en français par Pierre Philippe.

Le coup de foudre de Jean pour cet univers « noir et blanc » va bouleverser sa carrière. Dès l’année suivante, il attaque les théâtres parisiens avec des textes du même Pierre Philippe (qui écrira plus tard pour Juliette).

Cette fois, sa présence sur scène est remarquée: il y apparaît tout de noir vêtu, souvent maquillé de blanc. Il met en avant des chansons noires, angoissées, qui sont désormais sa marque, sa signature.

Reconnaissance

A presque trente ans, il obtient en mars 1981, le prix de l’Académie Charles Cros pour son album Je marche dans les villes. Mais c’est sur scène que Jean Guidoni s’épanouit.

Il sait ne pas céder à la notoriété pour créer des spectacles hors normes, comme Crime passionnel, son plus grand succès (il reprendra ce spectacle en 2000 dans toute la France).

S’il conquiert un public de plus en plus fidèle, son univers sexuel ne plaît guère aux médias, surtout quand il publie son album Putains en 1985, exclusivement consacré à la prostitution. Il enchaîne les spectacles, de l’Olympia au Bataclan, puis à l’étranger.

Pause

Son travail acharné ainsi que l’entrain avec lequel il se jette dans chaque album le contraignent à faire une pause en 1990. Il est au bord de l’épuisement. S’il reprend en 1991, c’est sous un angle plus serein.

Il donne beaucoup plus qu’avant, aux femmes, aux homosexuels, aux exclus de la société. Il doit aussi cette nouvelle santé psychologique à son ouvrage Quelques jours de trop, qui l’a sauvé de la dépression.

Vertigo

Jean Guidoni multiplie les collaborations, comme dans Les rendez-vous de Prévert et Kosma en 1992, avec Roland Petit, ou bien sur son album Vertigo en 1995 avec Michel Legrand.

Cette amitié professionnelle avec le grand compositeur le pousse à créer en 1996 Comment faire partie de l’orchestre ?, un spectacle qui obtient une Victoire de la Musique la même année.

Une compilation de ses plus grands succès confirme, après presque 20 ans de carrière, le grand talent de Guidoni.

Sachant se préserver de la facilité, Jean Guidoni innove sans cesse, de spectacles en collaborations, tout en restant fidèle à son monde noir, un monde unique dans la chanson française. Un univers musical profond, que le chanteur utilise, à l’aube de la cinquantaine, comme une thérapie.

ramdam.com

6 Commentaires

  1. bonjour moi aussi j’ai connu Jean depuis son début. Je l’ai suivi (et oui) pendant pas mal d’années. Il est génial. Très sympathique, et naturel. Dommage, que nous ne le voyons jamais sur les écrans TV. Restons lui fidèle, il le mérite. Bravo Jean continue comme ça.

    martine, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  2. Salut à tous, suis en recherche de Jean, originaire de Toulon 83 comme sa famille, ai beaucoup de choses à lui confier. Il a été une personne très importante dans ma vie et je voudrais le lui dire. Je vous demande de me mettre en relation avec lui. J’ai beaucoup à lui raconter, et comme vous suis admiratif de celui qui a fait souvent trembler mon coeur et mon esprit en même temps. Je compte sur vous pour avoir un contact autre que ‘MY SPace » Mon e-mail. b.kerdelhue@free.fr merci

    bernard, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  3. Jean Guidoni m’a permis d’extraire de mon esprit tous mes maux et mots pour écrire mes poésies. J’en retrouve un ce jour celui-ci avait été dedié pour vous! à bientot. Merci.

    mimo, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  4. j’ai écouté jean guidoni depuis le début de sa carrière. J’ai ressorti mes textes de poésie et j’ai retrouvé un poème écrit pour vous! je regrette de ne plus vous voir en spectacle ou à la tv vous étiez le personnage qui me donnait l’envie d’écrire entre mes 15 20 ans! j’espère qu’un prochain jour j’aurais le plaisir de vous réentendre. Merci

    mimo, 3 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  5. nanou comme on l’appelait quand nous étions enfant, je suis une amie d enfance nous avons fait la maternelle ensemble d’ailleurs je pense que nous avons la meme photo quand ns étions enfant il adorait chanter surtout sylvie vartan. je l’ai vu une fois au gymnase a Marseille grandiose. Merci beaucoup pour ton art

    marle, 4 ans (que ce commentaire existe) Répondre

  6. Le Haut Mur… première chanson qui m’a fait connaître et apprécier cet artiste formidable, envoûtant. Que d’émotions et de souffrance, le lot de ceux qui aiment et se passionnent. Merci. Dommage que ces concerts soient si rares. Son public l’attend.

    Aurore, 4 ans (que ce commentaire existe) Répondre


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