Jean-Louis Murat : Biographie
Libre et insaisissable, l’Auvergnat Jean-Louis Murat n’obĂ©ira jamais aux lois du monde artistique. Sous ses faux airs d’homme dĂ©grossi et rustre, il cache une sensibilitĂ© Ă fleur de peau et un style d’Ă©criture raffinĂ© et poĂ©tique.
En d’autres temps et en d’autres lieux, Murat rimerait volontiers avec Rimbaud tant leurs regards dĂ©lavĂ©s et rĂŞveurs se ressemblent, tant leurs Ă©nergies rebelles se confondent et enfantent d’un verbe intelligent et variĂ©.
De son premier album Ă©ponyme en 1981 au Moujik et sa femme, Murat promène son chant plaintif sans se soucier des modes. Son parcours atypique ne rĂ©pond qu’aux impĂ©ratifs d’honnĂŞtetĂ© et de quĂŞte artistique. C’est justement ce qui sĂ©duit un public fidèle, charmĂ© par son image de troubadour solitaire attachĂ© Ă sa terre natale.
Terre d’Auvergne
L’histoire de Jean-Louis Bergheaud, dit Murat, commence dans le Massif Central, terre de contrastes, plaines et volcans mĂŞlĂ©s. Plus exactement Ă La Bourboule, le 28 janvier 1954.
Mais c’est Ă Murat-le-Quaire, chez ses grands-parents, que ce fils de divorcĂ©s passe son enfance. Du village de Murat, Jean-Louis hĂ©rite de son nom de scène et d’une passion jamais dĂ©mentie pour la campagne et ses habitants. D’oĂą l’image d’ermite et de misanthrope qui lui colle depuis toujours Ă la peau.
Assurément le jeune Auvergnat se démarque des autres par son caractère solitaire et introverti. Grand amateur de poésie et de musique, Jean-Louis apprend de nombreux instruments au Conservatoire et développe son goût pour le chant.
Cet amour de l’art le pousse Ă fuir sa terre natale au sein de laquelle son destin Ă©tait tout tracĂ©: la ferme familiale ou le mĂ©tier de menuisier de son père. Mais il est trop tĂ´t pour s’enterrer.
Jean-Louis passe son bac Ă 17 ans, se marie, s’inscrit Ă l’universitĂ©, puis, jeune papa, quitte tout pour voyager.
Jusqu’en 1977, il parcourt la France et l’Europe, vivotant de petits mĂ©tiers, et forgeant en lui l’architecture de son art: solitude et voyage -Ă la manière d’un Kerouac-, poĂ©sie et musique, indĂ©pendance et libertĂ©. Autant de valeurs essentielles auxquelles le chanteur restera toujours fidèle.
Premières expériences musicales
Sans perdre de vue ses premières amours musicales, Bergheaud-Murat cultive rĂ©gulièrement l’Ă©criture jusqu’au jour oĂą il franchit dĂ©finitivement le pas. Il retourne au pays en 1977 et fonde le groupe Clara rapidement remarquĂ© par William Sheller.
Ce dernier, adepte des contrastes et lui aussi musicien solitaire, est sĂ©duit par le personnage du jeune homme et lui permet d’enregistrer seul, en 1981, son premier 45 tours. Mais en pleine pĂ©riode rock (TĂ©lĂ©phone, Trust, …), le style de Murat ne trouve pas preneur.
Bercée par des textes romantiques et mélancoliques, sa musique ne cède à aucune influence de mode. Pendant des années, les ventes resteront quasiment nulles.
Ni son premier mini-album Murat en 1982, ni son premier album Passions privĂ©es en 1984 ne feront du chanteur une star. Il faut dire qu’il cultive avec rigueur la solitude, l’originalitĂ© et l’indĂ©pendance. Rien qui ne permette rĂ©ellement de « percer » et sa maison de disques, impatiente, rompt son contrat.
La renaissance
Jusqu’en cette annĂ©e 1987. Après trois ans de remise en cause, Jean-Louis Murat saisit l’opportunitĂ© d’enregistrer chez Virgin Si je devais manquer de toi. Ce 45 tours est un Ă©norme succès qui propulse sur le devant de la scène ce chanteur qui n’en est pourtant pas Ă ses dĂ©buts.
Peu Ă peu, Murat sĂ©duit un public grandissant. Cheyenne Autumn, Murat en plein air, ses apparitions tĂ©lĂ©visĂ©es ou cinĂ©matographiques, tout est destinĂ© Ă montrer l’Auvergnat sous une face attachante et singulière.
Il se prĂ©sente en effet comme un artiste hors normes, fidèle Ă ses origines paysannes et grand amateur de poĂ©sie et d’art. Ses clips en sont l’illustration, comme celui de Regrets, enregistrĂ© en Hongrie avec la chanteuse Mylène Farmer.
S’il enchaĂ®ne disques, cinĂ©ma (il apparaĂ®t dans Mademoiselle Personne de Pascale Bailly et dans un film de Jacques Doillon), et tournĂ©es (celle de 1993 dure presque un an et se termine par trois jours exceptionnels Ă Paris), Murat cultive cependant la discrĂ©tion et reste Ă©conome des mĂ©dias.
Cette solitude toute relative est nĂ©cessaire Ă la recherche musicale engagĂ©e par le chanteur. Chaque opus se colore d’un style nouveau (acoustique, jungle, Ă©lectronique, classique, pop) et se fait l’Ă©cho de la sensibilitĂ© de l’Auvergnat, qui s’applique Ă ne jamais tomber dans la routine.
Cet Ă©clectisme culturel est aussi Ă l’origine de son absence en tĂŞte des hit-parades. Tout en sĂ©duisant un large public, Murat n’en reste pas moins en marge des courants musicaux contemporains.
D’hier et d’aujourd’hui
…en marge et pourtant intĂ©grĂ© Ă notre Ă©poque, comme lorsqu’il prend position contre les injustices ou crĂ©e un site Internet Ă son image: cultivĂ© et hĂ©tĂ©roclite.
Mustango sort en 1999 et marque un changement dans la crĂ©ation de l’artiste. Plus « violent » dans les thèmes abordĂ©s, plus agressif dans sa musique (Ă l’image de notre Ă©poque tourmentĂ©e), l’album se compose de textes intelligents et ironiques, d’une musique recherchĂ©e et profonde. Une harmonie rarement atteinte dans le milieu de la chanson contemporaine.
Murat ne renonce jamais à son inventivité, comme le prouve la sortie de Mme Deshoulières, poèmes du XVIIe siècle mis en musique par lui-même et dits par la comédienne Isabelle Huppert. Un disque surprenant.
Plus de vingt ans après la sortie de son premier disque, Jean-Louis Murat a rĂ©ussi le pari insensĂ© d’ĂŞtre reconnu en tant qu’auteur compositeur interprète sans jamais tomber dans la spirale des mĂ©dias.
Très attachĂ© Ă sa terre natale et au monde paysan, Murat n’en est pas moins un crĂ©ateur extrĂŞmement moderne et inventif. Fidèle Ă son image d’ermite romantique et Ă sa volontĂ© de surprendre, il reste, Ă l’instar d’un autre artiste secret, GĂ©rard Manset, un des crĂ©ateurs les plus novateurs de ces vingt dernières annĂ©es.
ramdam.com

cheyenne autumn 1989 grand amour avec la mère de mon fils elle adorait jean louis murat et nous l écoutions dans sa seat ibiza aujourd hui mon fils a 22 ans sa mère s est séparée de moi en écoutant cheyenne autumn j ai les larmes aux yeux j aimerai revenir en 1989
bombrun, 1 mois (que ce commentaire existe)
« Le cours ordinaire des choses », le nouvel album, enregistrĂ© Ă Nashville cet hiver, sortira le 21 septembre chez V2/Universal.
En attendant la sortie de l’album, l’artiste publie toutes les nouveautĂ©s, des inĂ©dits, des photos, et des extraits vidĂ©o du film « Falling in love again » rĂ©alisĂ© par Laetitia Masson, qui a accompagnĂ© l’artiste Ă Nashville, sur diffĂ©rents rĂ©seaux sociaux.
Jules4, 2 ans (que ce commentaire existe)
Salut Jean-Louis, Ă quand un deuxième duo avec Mylène Farmer ? Merci pour le duo « Regrets ». Bises.
FARID68, 2 ans (que ce commentaire existe)
tes mots, la tessiture parfaite de ta voix, me touchent au plus profond tu es mon alter ego mon double au masculin je t’aime
anna, 3 ans (que ce commentaire existe)
Je suis fan depuis que j’ai 15 ans et j’adorerais faire une longue balade en Auvergne avec lui, seulement l’Ă©couter… quel plaisir immense. Rendez-vous Ă Paris en octobre ! Florence
polka13, 3 ans (que ce commentaire existe)
J’adore Murat mĂŞme si je prĂ©fĂ©rais le Murat d’autrefois. Je n’adhère plus avec beaucoup de titres rĂ©cents. (Caillou, mashpotatoes, etc, m’ont déçue) Mais je trouve encore des perles au milieu.
PN, 3 ans (que ce commentaire existe)
J’ai dĂ©couvert Jean-Louis avec Taormina et depuis sa belle voix m’ensorcèle, j’en suis addict. Quel beau troubadour des temps modernes, il me fait rĂ©ver et tant pis pour ceux qui ne l’aiment pas. Quels sots, il ne savent pas reconnaĂ®tre un talent rare, si rare et prĂ©cieux. Jean-Louis encore merci pour tes jolies balades et quel joyau tu nous offres avec Tristan. Vive le sentiment amoureux !
Sylvie, 3 ans (que ce commentaire existe)
Merci, pour tous ces mots magnifiques, au chant céleste.
magnétique, 3 ans (que ce commentaire existe)
Il Ă©crit des chansons comme on purge des vipères, il met Ă nu notre âme d’enfant, Ă nous arracher des sanglots, Ă nous mettre Ă genoux devant le mystère du monde, Ă nous faire cĂ´toyer -enfin- la voĂ»te Ă©toilĂ©e… subjuguĂ©e toujours par celui qui a le talent inoui et la gĂ©nĂ©rositĂ© insensĂ©e de nous accueillir au coeur du monde… Comment se tenir Ă©loignĂ© du plus grand ? Vivement Tristan. Merci M. murat
Crevasse nue, 3 ans (que ce commentaire existe)