Xzibit : Biographie
Xzibit, de son vrai nom Alvin Joiner, est nĂ© en 1973 Ă DĂ©troit, dans le Michigan (États-Unis). Enfant, il traĂ®ne dĂ©jĂ dans les rues après l’Ă©cole. A l’âge de 8 ans, il perd sa mère. Un an plus tard, son père l’emmène avec lui au Nouveau-Mexique et se remarie. Peu de temps après, nouveau dĂ©mĂ©nagement, cette fois en Californie, Ă Los Angeles. A 10 ans, le petit Alvin Joiner qui n’avait mĂŞme pas de radio, Ă©crit ses premières rimes pour passer le temps.
Roi de l’underground
Le jeune homme intègre le collectif rap underground Likwit Crew composĂ© des Alkaholics, de King Tee, de Defari, ainsi que de bon nombre d’emcees inconnus du grand public. Il signe chez Loud Records et sort son premier album At The Speed of Life en octobre 1996. Un style bien Ă lui, une puissance vocale sur beats lourds, des hits comme Paparazzi dans lequel il dĂ©nigre les rappeurs qui ne font ça que pour l’argent et les femmes, et Foundation, une chanson dĂ©diĂ©e Ă son fils. Un album produit par E-Swift et Muggs, purement underground, qui marque le dĂ©but d’une nouvelle vague de rappeurs West Coast.
40 dayz & 40 nightz
40 Dayz and 40 Nightz, son deuxième album, sort en 1998 toujours dans le mĂŞme style que son prĂ©cĂ©dent opus, avec cependant une pointe d’innovation ressentie Ă travers les beats utilisĂ©s. Le single très rĂ©ussi What You See Is What You Get ne fera pas autant d’Ă©tincelles que Paparazzi, mĂŞme s’il crĂ©e du buzz autour de la carrière du rappeur. Un très bon album, pas suffisamment connu. Methodman est venu poser en featuring, tout comme le Golden State sur 3 Card Molly et le Likwit Crew sur le puissant Let It Rain.
Sa carrière prend encore plus d’ampleur quand il enregistre en 1999 la chanson Bitch Please avec Snoop Dogg et Nate Dogg. Il commence sa collaboration avec Dr Dre, producteur de ce hit, une collaboration logique puisque Xzibit fut soutenu en secret par le roi des producteurs depuis son deuxième album.
L’apogĂ©e de sa carrière
Fin 1999, il participe au mythique The Chronic 2001 de Dr. Dre, et côtoie des rappeurs tels que Kurupt et Eminem. Puis il apparaît sur le puissant Bitch Please II avec Eminem, Nate Dogg, Dr. Dre et Snoop Dogg.
Son troisième album, Restless, paraĂ®t fin 2000 avec Dr. Dre Ă la production. Un des plus grands albums West Coast avec bien sĂ»r des featurings de ses nouveaux amis Eminem, Dr. Dre, Nate Dogg… mais aussi d’autres artistes comme DJ Quik. LancĂ© grâce Ă Front 2 Back, The Restless atteint des sommets avec des tubes comme X et Get Your Walk On. Tous les morceaux de ce monstrueux Restless cartonnent. Xzibit devient une superstar du rap collaborant avec un grand nombre d’acolytes Ă travers les États-Unis.
En 2001 sort un DVD, The Restless Xposed, un documentaire sur la tournĂ©e des stades rĂ©alisĂ©e par Xzibit. On peut l’apercevoir au Canada, aux États-Unis, Ă Paris, et bien Ă©videmment, comme tout rappeur qui se respecte, Ă Amsterdam, ville bien connue pour ses diverses herbes en vente libre. Au programme: interviews en coulisses, clips, dĂ©lires entre rappeurs, making of, et bien sĂ»r des extraits sur scène, le tout sortant sous Open Bar X, son propre label. La consĂ©cration d’un artiste qui a mĂ©ritĂ© d’avoir son nom parmi les pointures du rap mondial.
En 2002, il revient avec un quatrième album intitulé Man vs Machine en référence à la guerre contre le terrorisme entreprise par un certain président américain. Lancé par les singles Multiply et Symphony in X Major, ce quatrième opus est rapidement certifié album de platine, avec un style très différent par rapport à ses trois précédents disques. Moins apprécié que le terrible Restless, cet album contient quand même des petites bombes comme My Name avec un Eminem en forme et un Nate Dogg toujours présent pour assurer les refrains. Le style y est plus farouche, les musiques plus sombres et dures, plus bruyantes. Il se réaffirme à nouveau comme un des leaders de la génération 1996-2000, la période commençant après le meurtre de 2pac.
Les ennuis
En 2003, Xzibit se fait agresser par un gang mexicain alors qu’il sort d’un restaurant avec sa femme. Après lui avoir reprochĂ© de trop parler de gangs dans ses chansons, ses agresseurs lui assènent un coup de bouteille cassĂ©e sur la bouche. Xzibit s’en tire avec une cinquantaine de points de suture et une vilaine cicatrice.
En 2004 circulent de nombreuses rumeurs Ă propos d’une Ă©ventuelle signature auprès d’Aftermath, l’Ă©curie du puissant Dr. Dre. Il n’en sera rien. Il lance son nouveau groupe, Strong Arm Steady, composĂ© de Phil The Agony, Krondron et Mitchy Slick. Un DVD documentaire sur ce groupe paraĂ®t, accompagnĂ© de chansons inĂ©dites. Xzibit se dispute ensuite avec ses amis les Liks (anciennement Tha Alkaholiks) et s’Ă©loigne d’eux et du Likwit Crew, tout en continuant Ă soutenir son ami Raskass comme il le fait depuis toujours.
Weapons of Mass Destruction
En dĂ©cembre 2004 sort Weapons of Mass Destruction, en rĂ©fĂ©rence Ă la guerre en Irak. Bizarrement, il ne contient aucune production de Dr. Dre ni aucune apparition d’Eminem ou de Nate Dogg. Snoop Dogg lui ayant fait des reproches, manque Ă©galement Ă l’appel.
L’album lancĂ© sur les ondes amĂ©ricaines grâce Ă Muthaf*cka (renommĂ© « Mutha mutha » par la censure) est en rĂ©alitĂ© mĂ©diatisĂ© grâce au single Hey Now produit par Timbaland. On retrouve le nouveau groupe de Xzibit Ă plusieurs reprises sur l’album, comme sur l’excellent Klack, ainsi que Busta Rhymes sur Though Guy. De très bons titres qui imposent Xzibit comme l’un des plus grands rappeurs amĂ©ricains de ces dernières annĂ©es. En terme de ventes cependant, le succès est très mitigĂ© en comparaison Ă ses deux prĂ©cĂ©dents opus: Weapons of Mass Destruction dĂ©passe de peu le statut de disque d’or.
Après plusieurs saisons passĂ©es Ă animer l’Ă©mission Pimp My Ride dans laquelle une Ă©quipe de mĂ©caniciens surdouĂ©s et bien inspirĂ©s retapent des poubelles pour en faire des carrosses, Xzibit s’essaie Ă nouveau au rap. C’est en octobre 2006 qu’il nous revient avec Full Circle, court album signĂ© chez Open Bar X et Koch Records. Ce nouvel essai, ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune promotion en France et dans plusieurs autres pays europĂ©ens, est plutĂ´t mal accueilli par les auditeurs de musique rap. Concentrate en est le premier single extrait et tombe bien vite dans l’oubli. Il faut dire qu’il a perdu en crĂ©dibilitĂ© depuis son agression. Sa carrière en tant que rappeur aux lyrics hardcore serait-elle sur le point de se terminer ? L’avenir nous en dira plus.
Olivier Cunha
