Expos
Joan Miró. Protestation
Si son nom suffit à prédire le succès qui guette cette exposition, tout l’enjeu était de proposer un parti pris inédit, capable de renouveler notre regard sur une œuvre reconnaissable entre toutes.
Le parcours, chronologique, choisit ici de s’arrêter sur différents moments d’expérimentation où Miró se réapproprie l’acte de protestation pour le transformer en acte créatif. Dans un contexte marqué par la guerre et le franquisme, contestation politique et remise en question de sa pratique artistique semblent se confondre à plus d’un titre : si sa peinture incarne parfois de manière frontale son combat politique, la radicalisation de sa pratique, jusqu’aux toiles brûlées des années 70 qui signent la mise à mort de la peinture, en dit long sur la lutte qui se joue par-delà la danse cosmique des signes et des symboles. Dans les années 60 et 70, Miró se rapproche d’une génération de jeunes artistes militants, qui se matérialise par des collaborations dans les domaines de la tapisserie, du cinéma et du théâtre. Le parcours se referme sur cette stimulante période qui affirme son goût de l’expérimentation et de laquelle naitront notamment d’incroyables tapisseries, dont deux exemplaires sont à voir à Toulouse, le clou de l’exposition ! Maëva Robert
Photo : 178_ Joan Miró, Josep Royo, Tapís de Tarragona, 1970, tapisserie d’Aubusson, jute, coton, chanvre et laine, 285 x 402 cm, inv. : NIG 4044, Museu d’Art Modern de la Diputació de Tarragona, Tarragone © Successió Miró / Adagp, Paris, 2026 / Courtesy Josep Royo ; photo : Diputació
de Tarragona, Arxiu Fotogràfic MAMT / Lila Alberich
Publié par Rédaction de Ramdam