Danse

« Quand un ballet est terminé, je suis le premier surpris »

Du 26 au 30 juin

Toulouse
La Halle aux Grains

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Thierry Malandain, directeur du Centre chorégraphique national de Biarritz, clôt la saison du Ballet du Capitole à Toulouse avec la création mondiale de Daphnis et Chloé, symphonie chorégraphique créée voilà un siècle par les Ballets russes.

Qu’est-ce qui vous pousse vers Daphnis et Chloé ?
À vrai dire, je réponds là à une demande répétée de Kader Belarbi, qui pense sans doute que je peux tirer quelque chose de particulier de cette œuvre. C’est une demande qui m’a été faite par ailleurs à plusieurs reprises, mais que j’ai toujours déclinée. D’abord parce que la musique, merveilleuse, est compliquée. Ensuite parce que le sujet n’est pas facile. Il n’y a rien de facile là-dedans. Et surtout, j’évite depuis quelques années de créer hors du cadre de ma compagnie. Plus le temps passe, plus j’ai peur. J’ai peur lorsque je crée avec mes danseurs. La peur est encore plus grande avec des danseurs que je ne connais pas.

Quelles sont les difficultés de l’oeuvre ?
Il y a parfois des difficultés à ramener des oeuvres à notre époque, ou à nous-même, c’est le cas ici. C’est très difficile parce que le texte d’origine est complètement fragmenté, très abrupt. La musique est merveilleuse, mais a du mal à suivre le récit. En même temps on sent que Ravel se fait plaisir en sonorités, ce qui est très innovant pour l’époque. Je choisis donc de suivre le livret, de ne pas trop m’aventurer. Il n’y a pas beaucoup d’exemples de ce ballet : existe la version de Benjamin Millepied, qui en a fait un ballet abstrait. J’ai moi-même dansé la version de Serge Lifar, dont mon corps n’a aucun souvenir, ce qui est dommage : ça m’aiderait beaucoup de voir comment il s’était tiré de ce piège !

Quelle tonalité allez-vous lui donner ?
Je ne sais jamais à l’avance ce que je vais faire. C’est dans le studio que les choses s’élaborent, avec les interprètes, et, souvent, je suis le premier spectateur de mes chorégraphies. C’est la musique qui m’amène les sentiments, les sensations. C’est en faisant que les choses se dévoilent. Quand un ballet est terminé, je suis le premier surpris.

Vous présentez également, dans la même soirée, votre relecture de l’Après-midi d’un faune, pourquoi lier les deux oeuvres ?
Daphnis et Chloé à sa création a été présenté avec l’Après-midi d’un faune, créé quelques jours auparavant par Nijinski. C’est une fidélité à l’histoire de la danse, j’ai toujours fait ma carrière comme ça, ce passage de témoin, ce travail de relecture me sont familiers.

Propos recueillis par Virginie Peytavi

Photo : François Berthier

Publié par Rédaction de Ramdam


La Halle aux Grains, Toulouse

Salle de concert

1 Pl. Dupuy, 31000 Toulouse
31000 Toulouse

Tél : 05 62 27 49 30