Classique
Salomé
« Pour le monde en général, je crois sincèrement que l’art ne sert à rien. Mais pour une infime fraction de l’humanité, il offre peut-être une sorte de recharge. »
Avec un tel optimisme, Matthias Goerne était tout indiqué pour monter le premier opéra marquant de Strauss. En 1905, le compositeur allemand, admirateur de Nietzsche et de Wagner, signe une œuvre sombre, tirée d’une nouvelle d’Oscar Wilde, mélangeant épisode religieux et érotisme macabre. Salomé (Marie-Adeline Henry), princesse de Judée convoitée par son beau-père Hérode (Nicolai Schukoff), s’éprend du prophète Jonachaan (Jérôme Boutillier), prisonnier des geôles du palais. Mais la passion dévorante qu’il éveille en elle vire en folie meurtrière lorsqu’il la rejette. Sur cet argument, Strauss compose une musique hypnotique, au scandale tout entier contenu dans la Danse des sept voiles. Le baryton Matthias Goerne, fidèle du Capitole, s’attaque pour sa première mise en scène à un monument d’horreur et de sublime, symbole, dit-il, de « la discordance d’une époque ». SJ
Photo : Marie Staggat
Publié par Rédaction de Ramdam