Classique
Et la lumière fut !
Des êtres se rencontrent et une douce musique s’élève dans leurs cœurs… Le titre du roman de Jens August Schade résume l’aventure musicale arrivée à Joël Suhubiette, directeur des Eléments, et à Paul Lay, pianiste de jazz et compositeur, dont Waves of light est l’aboutissement créatif commun. Rencontre avec les deux musiciens en tournée en Occitanie.
Naissance du projet
Joël Suhubiette : Tout d’abord j’aime beaucoup le jazz et j’en écoute beaucoup. La sortie du disque de Paul, Deep Rivers, a déclenché l’envie de le rencontrer. J’ai entendu ce disque magnifique et je me suis mis à rêver, me disant que sur certaines pièces j’aurais entendu un chœur… Nous nous sommes vus et, tout de suite, Paul a été d’accord pour faire quelque chose avec un chœur. Lors d’une rencontre, je lui ai fait écouter Hear my prayer, O Lord de Purcell qu’il a adoré, puis il a composé une suite à cette pièce qui m’a beaucoup plu. On s’est alors dit : allons-y, faisons quelque chose ensemble !
De « chœur classique » à « big band vocal » pour trio de jazz ?
J.S. En fait, Paul ne nous pas traité en big band vocal, ce que nous ne sommes pas. En revanche Les Elément ont l’avantage de voyager dans les répertoires, et la musique contemporaine en particulier, nous a permis d’aborder des univers très différents. La finesse de Paul, c’est d’avoir composé une partition proche de notre esthétique contemporaine avec des moments à 4 ou 8 voix, ou des moments d’onomatopées qui se rapprochent d’une écriture instrumentale. Tout ce que nous faisons dans le spectacle est écrit, la partie improvisée est assumée par le trio. Nous sommes comme un orchestre qui soit accompagne, soit devient soliste selon différents moments de l’œuvre. Paul a saisi notre univers et l’a colléau sien, plutôt que de nous transformer en ensemble vocal de jazz, ce qui n’était pas possible.
Composer pour un chœur classique
Paul Lay : Le rapport à la vocalité est essentiel pour moi. Quand je joue, quand j’improvise, quand je compose, je pense avant tout à une ligne mélodique, à un chant. Avant de me mettre à l’écriture, j’ai d’abord écouté avec Joël des œuvres chorales de styles différents. Il m’a fait découvrir le Hear my prayer de Purcell dont j’ai adoré la puissance expressive, la clarté des lignes, l’incroyable modernité et la manière de faire sonner le chœur avec juste quatre voix. Également, je me suis plongé dans l’œuvre de Bach, j’ai écouté des œuvres de la Renaissance, quelques partitions vocales plus près de nous pour comprendre comment on écrit pour un chœur. J’ai remarqué que cette écriture est proche de celle du piano. Quand on est pianiste, on a des réflexes d’écriture harmonique qui marchent très bien avec le chœur. Finalement la composition est venue plutôt naturellement. En fait, quand on a lu des chorals de Bach, ce que j’ai fait depuis l’adolescence, on comprend vite comment cela fonctionne.
Waves of light
P.L. C’est la rencontre d’un chœur classique et d’un trio de jazz, qui donne un son totalement singulier. L’œuvre se compose de poèmes sur la lumière que j’ai mis en musique. Des poèmes de Victor Hugo, Henry David Thoreau, Pablo Neruda, Emily Dickinson, deux relectures de Bach et Purcell… L’essentiel du répertoire est fait de compositions originales. Je voulais aussi que les poèmes soient issus de langues différentes. Comme compositeur de jazz, j’aime questionner le rapport entre l’écrit et l’improvisé. Ici j’écris pour un chœur classique dont l’improvisation n’est pas l’expression. En même temps, ils sont d’une telle souplesse, d’une telle excellence dans la justesse, avec une grande conscience du rythme, que ce fut un plaiisr d’écrire pour eux, sans parler de la communication avec le trio qui est parfaite. Ce voyage entre le prévu et l’imprévu nous maintient dans un état d’urgence d’écoute et créée une belle alchimie. Enfin, pour l’anecdote, nous avons trouvé un passage où le chœur également improvise. Propos recueillis par André Lacambra
Photo : François Passerini
26 mars, Le Parvis, Scène nationale Tarbes-Pyrénées
27 mars, Eglise des Dominicains, Perpignan
28 mars, Théâtre de la Cité, Toulouse
29 mars, salle Pasteur Le Corum, Montpellier
Publié par Rédaction de Ramdam
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